L'Île des Esclaves

  • THÉÂTRE
  • JEUDI 9 FÉVRIER
  • 20H
  • GRANDE SALLE
  • DURÉE ESTIMÉE : 1H15
  • TARIF A
  • RÉSERVER
  • SÉANCE SCOLAIRE : VEN. 10 FÉV. 13H30

TEXTE MARIVAUX MISE EN SCÈNE ANNE-SOPHIE PAUCHET

COMPAGNIE AKTÉ CRÉATION / COPRODUCTION DSN

 

Quand le valet devient maître et le maître valet, le monde peut-il changer ?

Tout commence par un naufrage. Deux nobles et leurs domestiques respectifs échouent sur une île qui se trouve être le refuge d’anciens esclaves révoltés. Ils vont devoir se plier aux règles de ce nouveau monde et devront commencer par échanger leurs positions sociales. Après une période d’essai de trois ans, les nouveaux domestiques pourront être libérés, s’ils ont retrouvé une part satisfaisante d’humanité. Mais Arlequin, manipulé par le langage et le chantage affectif de celui qui fut son maître se laisse convaincre de reprendre sa condition de valet au bout de la première journée. Cléanthis, elle, apprécie ce souffle de révolte.
Anne-Sophie Pauchet veut s’emparer de cette comédie aux aspirations utopiques, et décortiquer les révolutions intimes et politiques qu’entraîne cette expérimentation sociale. Elle va jouer de l’écriture vive et de la composition très serrée de la pièce et créer son île, au service d’une prise de conscience collective.

DISTRIBUTION

De Marivaux • Mise en scène Anne-Sophie Pauchet. Scénographie Arnaud Troalic • Avec David Charcot, Valérie Diome, Nadir Louatib, Olive Malleville, Manon Thorel et Arnaud Troalic • Musique Juliette Richards et Maxime Liberge. Création lumière et vidéo Maximilien Sautai et Geoffroy Duval. Assistante à la mise en scène Olive Malleville. Production et diffusion Yaël Méchaly.


Production Compagnie Akté. Coproductions (en cours) DSN – Dieppe Scène Nationale, Le Volcan – Scène Nationale du Havre, scène conventionnée Le Rayon Vert – St Valéry en Caux. Résidences Le Siroco – Saint-Romain-de-Colbosc, CDN de Normandie Rouen. La compagnie est conventionnée pour l’ensemble de son projet artistique par la Ville du Havre, la Région Normandie, le Ministère de la Culture et de laCommunication (DRAC Normandie). Avec le soutien du Département de Seine-Maritime.

© photo : Roger Legrand, BBFLIRT

Site de la compagnie

AUTOUR DU SPECTACLE

SAMEDI 14 & DIMANCHE 15 JANVIER

STAGE CROISÉ FEYDEAU VS MARIVAUX

Ce week-end de jeu s’articulera autour de deux auteurs de répertoire que sont Feydeau et Marivaux. Anne-Sophie Pauchet et Thomas Gaubiac échangeront leurs casquettes de metteurs en scène : Anne-Sophie et un groupe de participants s’amuseront à monter une ou plusieurs scènes de Léonie est en avance, pièce de Feydeau montée par Thomas Gaubiac et accueillie à DSN en novembre 2016, Thomas et un autre groupe se frotteront à un extrait de l’Île des Esclaves, pièce de Marivaux créée par Anne-Sophie Pauchet en février 2017 à DSN. Deux regards différents sur deux registres des classiques français, pour de nouvelles interprétations ludiques et raisonnées. [+]

AUTOUR DU SPECTACLE

JEUDI 9 FÉVRIER, BAR DE DSN

SCÈNE OUVERTE

Avant le spectacle, scène ouverte à la classe de jazz et chant (negro spiritual et blues) du Conservatoire à Rayonnement Départemental Camille Saint-Saëns. [+]


LA GRANDE OURSE

Avant ou après le spectacle, La Grande Ourse (librairie café dieppoise) sera présente dans le hall de DSN et proposera des œuvres en rapport avec le spectacle. [+]
Voir la sélection bibliographique (PDF) proposé par la Grande Ourse.

THÉÂTRE & CINÉMA

MARDI 31 JANVIER 20H45

The Servant

DE JOSEPH LOSEY (UK – 1964)
Un grand bourgeois engage un valet aussi charismatique que malveillant qui va peu à peu inverser le rapport maître-esclave. Sur un scénario d’Harold Pinter, Joseph Losey livre un film envoûtant qui a justement fasciné la compagnie Akté. [+]

SI VOUS AIMEZ CE SPECTACLE, VOUS AIMEREZ PEUT-ÊTRE :

Léonie est en avance...
Antigone

Mettre en scène en 2015 L’île des esclaves écrite en 1725… La compagnie n’a pas monté de théâtre de répertoire depuis George Dandin en 2004, qui constituait la première partie d’un diptyque intitulé Etats Civils et dont la seconde partie était Roberto Zucco.

La volonté de monter ce texte est d’autant plus « surprenante » pour moi que l’écriture de Marivaux et son œuvre n’ont jamais constitué des points d’accroche ou des envies fortes tant d’un point de vue de comédienne que de metteuse en scène. Alors pourquoi L’île des esclaves ? Parce que justement la pièce à mon sens est à part dans l’œuvre de Marivaux, tout comme George Dandin l’est dans celle de Molière. De ces pièces qui soudain résonnent aujourd’hui avec force et immédiateté dans leurs enjeux.
La pièce est comme souvent chez Marivaux d’abord construite sur une stratégie d’inversement des rôles au service de l’éclosion souhaitée de la vérité et de la prise de conscience. Cependant cette vérité ici n’est pas celle des sentiments, et c’est bel et bien d’une question politique qu’il s’agit. D’une révolution à la fois intime pour les personnages et sociale pour ce qu’ils représentent dans leurs fonctions.
Comment passe-t on du jour au lendemain du statut d’esclave à celui de maître?
Comment l’opprimé hier peut-il être libéré de ses chaînes sans devenir à son tour oppresseur, par un réflexe de vengeance ? Ou reproduit-il simplement les schémas dont il fût la victime ?
Comment peut se faire l’apprentissage de la justice, voire de la démocratie dans des conditions d’affranchissement brutales et soudaines ?

« Il s’agit de vous pardonner, et pour avoir cette bonté-là, que faut-il être, s’il vous plaît ? Riche? non : noble ? non : grand seigneur? point du tout. Vous étiez tout cela; en valiez-vous mieux? (…) Il faut avoir le cœur bon, de la vertu et de la raison; voilà ce qu’il nous faut; voilà ce qui est estimable, ce qui distingue, ce qui fait qu’un homme est plus qu’un autre. Entendez-vous, Messieurs, les honnêtes gens du monde? Voilà avec quoi l’on donne les beaux exemples que vous demandez et qui vous passent. Et à qui les demandez-vous ? A de pauvres gens que vous avez toujours offensés, maltraités, accablés, tout riches que vous êtes, et qui ont aujourd’hui pitié de vous, tout pauvre qu’ils sont. » Cléanthis, Scène X

Anne-Sophie Pauchet

Comédienne et l’une des metteurs en scènes dans les créations collectives de la Compagnie Akté (L’Histoire des Ours Pandas racontés pas un saxophoniste qui a une petite amie à Francfort,George Dandin, Roberto Zucco…), elle est aussi collaboratrice artistique sur Borges vs Goya et Insultes au public.

A la suite du spectacle les Cinq doigts de la main, qu’elle met en scène et interprète, elle imagine et met en place La Ronde des Auteurs, un programme adressé aux enfants de CM1 jusqu’à la 6ème afin de leur faire découvrir des textes contemporains, sous forme de lectures mises en espace.

En 2011, à l’occasion de la réédition du journal de désintoxication de Françoise Sagan, Toxique, Anne-Sophie mêle la musique live au texte pour la mise en scène du spectacle du même nom. Suite à ce spectacle, Anne-Sophie continue la réflexion sur les rapports des artistes avec les addictions et crée la lecture musicale Addiction(s) : Paroles d’Artistes en 2012, où il est possible de la voir de nouveau sur scène, puis une version spectacle, I need more, en 2014.

Responsable pédagogique au sein de la Compagnie, elle intervient dans les formations internes à l’Espace Akté mais aussi au sein de plusieurs ateliers en collège et lycée de la région, et durant deux ans, au conservatoire Arthur Honegger, au Havre. Elle intervient depuis deux ans au sein de l’option théâtre du Lycée Jehan Ango, en partenariat avec DSN – Dieppe Scène National et au lycée Pablo Neruda.

En 2015, elle met en scène Lys Martagon, second volet du diptyque autour de textes de Sylvain Levey, après avoir créé Ouasmok? en janvier 2014. Elle collabore artistiquement avec Arnaud Troalic pour la création de POLIS / Opus 1 : Les paradis artificiels, dispositif spectaculaire pensé pour l’espace public autour d’un container vitré.

En 2017, Anne-Sophie Pauchet mettra en scène L’ île des esclaves de Marivaux.

Association de loi 1901, actuellement présidée par Stanislas Nadolski, la Compagnie Akté a été fondée en 2000, à l’initiative de Anne-Sophie Pauchet et Arnaud Troalic, comédiens et metteurs en scène. Ce duo à l’origine de la Compagnie Akté s’entoure d’artistes et de techniciens. Le collectif ainsi constitué investit, au Havre, un cinéma réhabilité en théâtre, où la compagnie élit domicile et monte ses propres créations, dirigeant une école de théâtre dans un même temps.
Après avoir doté ce lieu d’une programmation, la compagnie Akté décide, en 2007 de se consacrer entièrement à la création et à la formation. À l’automne 2015, la Compagnie déménage au Fort de Tourneville, rejoignant un collectif d’associations culturelles (salles de concert, écoles de musique, ateliers d’artistes plasticiens) qui font vivre cet ancien fort militaire réhabilité en friche culturelle.
La Compagnie Akté poursuit plusieurs objectifs :
– Faire vivre une compagnie de théâtre au sein d’une friche culturelle ;
– Créer des spectacles : une dizaine de créations depuis 2007, 75 représentations données en 2014-2015 ;
– Mener des ateliers de formation intra/extra-muros : la compagnie reçoit chaque année en formation de 80 à 100 enfants, jeunes et adultes, et met en place des ateliers dans des établissements scolaires et centres de formation sur tout le territoire régional et national lors des tournées de ses spectacles.