DANSE / MARDI 30 JANVIER 20H / GRANDE SALLE / DURÉE 1H / TARIF A / CONSEILLÉ À PARTIR DE 13 ANS RÉSERVER

Cirque

CHORÉGRAPHIE CÉCILE LOYER

CIE C.LOY

Un solo accompagné, ludique et habité par quatre figures féminines aux trajectoires remarquées ou remarquables.

 

Dans cette pièce chorégraphique et théâtrale, Cécile Loyer entremêle et met en évidence les trajectoires de vie de quatre femmes qui, chacune à sa façon, représentent des muses oubliées : Valentina Terechkova, héroïne de l’Union Soviétique et première femme spationaute ; Claudine Longet, actrice et chanteuse française ; la Japonaise Izumo no Okuni créatrice du théâtre Kabuki dont la pratique est devenue, à sa mort, l’apanage exclusif des hommes ; enfin l’intrigante et aristocrate Piémontaise Virginia Oldoïni. Elle tisse des liens entre leurs parcours, incarne l’une, s’habille comme l’autre, alterne perruques et continents, commente, interpelle son guitariste et compagnon de plateau, témoigne et invente. De ces parcours de vie, elle trace un portrait de femme, imaginaire, documenté, sensible et d’une drôlerie décapante.

 

«Un spectacle qui oscille entre des paroles, des outrages, de la pudeur, de la tragédie et une bonne dose d’humour. (…) Un hymne au corps, à la danse, à la musique et aux mots pour un cirque dédié aux esprits libres.» L’IMPRIMERIE NOCTURNE

Chorégraphie et interprétation Cécile Loyer • Musique Sylvain Chauveau. lumières Coralie Pacreau. Son Jean-Philippe Dupont. Costumes Fabrice Illia-Leroy. Collaboration à la dramaturgie Jean-Baptiste Bernadet et Myriam Bloedé.
Production C.Loy. Coproductions Centre Chorégraphique National d’Orléans – Josef Nadj (dans le cadre de l’accueil-studio 2015), Centre Chorégraphique National de Tours – T homas Lebrun (dans le cadre de l’accueil-studio 2015), Centre National de la Danse Contemporaine – Angers (dans le cadre de l’accueil-studio 2015). Avec le soutien des Eclats, pôle régional dédié à la danse contemporaine en Poitou-Charentes et du Centre Culturel Albert Camus, Issoudun. Résidence technique : Théâtre de La Pléiade (La Riche). La compagnie C.Loy bénéficie du soutien de la région Centre-Val de Loire dans le cadre d’un conventionnement, et de l’aide à la structuration de la DRAC Centre-Val de Loire

© photo : Géraldine Aresteanu

Site de la compagnie


AUTOUR DU SPECTACLE

MARDI 30 JANVIER 19H

SCÈNE OUVERTE

Avant le spectacle, scène ouverte à la classe des ateliers de Musiques Actuelles du Conservatoire à Rayonnement Départemental Camille Saint-Saëns. [+]


Cirque se définit comme un « solo accompagné » dans la mesure où Cécile Loyer s'est entourée pour l'occasion de quatre femmes remarquables, chacune à sa façon, même si les traces qu'elles ont laissées dans la mémoire collective ont pour la plupart disparu :

Héroïne de l'Union Soviétique, Valentina Terechkova (née en 1937) est la première femme cosmonaute. Actrice et chanteuse, la Française Claudine Longet (née en 1942) fit carrière aux États- Unis, mais sa gloire éphémère a été éclipsée par son inscription à la rubrique des faits divers. Née à Kyoto au 16e siècle, la Japonaise Izumo no Okuni créa le théâtre kabuki, dont la pratique est devenue, après sa mort, l'apanage exclusif des hommes. Quant à l'intrigante aristocrate piémontaise Virginia Oldoïni, comtesse de Castiglione (1837-1899), célébrée et haïe pour sa beauté et son excentricité, elle fut une grande figure des premières heures de la photographie.

Repérant des traits communs dans la trajectoire respective de ces quatre femmes, imaginant leurs mouvements, leurs gestes, leurs voix et leurs pensées, leurs obsessions et leurs affects, et travaillant, une fois encore, à la frontière entre le documentaire et la fiction, Cécile Loyer les convie donc sur scène pour leur rendre hommage, leur redonner la parole et faire ressurgir des fragments de leur vie.

Mais en se livrant sans filet à cet exercice périlleux, la chorégraphe se laisse progressivement envahir, contaminer, par la personnalité de ses invitées. Qui plus est, après leur entrée, la porte est restée entrouverte laissant filtrer la lumière et s'échapper les échos de la fête. Et, à la suite d'Okuni, de Valentina, de Claudine, de Virginia, de Cécile même, et aussi du musicien Sylvain Chauveau, c'est une cohorte de femmes, plus au moins identifiables, mais tout aussi remarquables, qui fait son apparition dans Cirque.


Avant d'être chorégraphe, Cécile Loyer est danseuse et a un rapport physique au plateau et à l'espace. Elle met sa pensée au service de son corps et fait confiance aux danseurs, à leurs corps et à leurs mémoires, leur richesse, leur capacité à se transformer, et à raconter.

Dans ses créations, la question de la « frontière » avec le public revient obsessionnellement.

Pour autant, la danse qu'elle recherche n'a de sens que parce qu'elle est partagée, qu'à chaque fois, elle se réécrit et se remet en jeu. Tous ses spectacles sont écrits, ils ont un cadre et un temps, mais ils questionnent « l'instant », en se nourrissant physiquement de l'échange avec le public. La chorégraphe ne cherche pas tant la beauté ou la maîtrise du geste que la conscience d'agir ici et maintenant, et la nécessité de donner leurs places aux plus petits détails et à la fragilité des corps.

Elle aime collaborer avec des musiciens, des peintres, des auteurs et des réalisateurs qui lui font découvrir d'autres façons de travailler et d'inventer. Aussi, elle souhaiterait que chaque création ouvre un univers différent, une danse différente et que sa danse ne se fige jamais dans une méthode ou un savoir-faire. C'est pourquoi elle défend l'idée qu'il faut chercher encore et toujours, l'acte créateur est dans la recherche, dans l'essai, dans le ratage, et la danse est vivante quand elle cherche ou se cherche. Chaque pièce est une étape, non une finalité, chaque pièce ouvre des portes pour continuer à chercher.


La Nouvelle République - Janvier 2016, « Cécile Loyer fait son Cirque sur la scène Albert-Camus »
Depuis vendredi, Cécile Loyer et sa compagnie sont en résidence à Albert-Camus. La chorégraphe y prépare Cirque, un monologue dansé. Rencontre.

Vous êtes au Centre Albert-Camus pendant sept jours pour préparer votre nouvelle création. Pourquoi cette résidence alors que vous disposez de La Pratique, à Vatan, un lieu justement dédié aux artistes et à la culture contemporaine ?
« La Pratique est effectivement une résidence pluridisciplinaire mais c'est un studio de travail encore rudimentaire. On ne peut pas y travailler la technique, comme le son et la lumière. Par ailleurs, ce lieu n'appartient pas à ma compagnie, la Cie C.Loy, qui porte la nouvelle création que nous travaillons à Issoudun. Ce sont deux structures indépendantes.

L'autre raison de notre présence ici est financière : quand on envisage une création, il faut commencer par se mettre en quête de subventions. Or, les structures qui nous soutiennent en nous accueillant en résidence et qui nous coproduisent pour certaines, apprécient légitimement qu'on montre une étape du travail réalisé chez eux. D'où la prestation de sortie de résidence, jeudi soir. »

La représentation de jeudi soir, sur la scène Albert-Camus, ne présentera qu'une ébauche de la création. N'est-ce pas perturbant, en tant qu'artiste, de devoir présenter un travail qui n'est pas encore finalisé ?
« Devoir présenter notre travail en fin de résidence est une bonne contrainte même si c'est toujours un peu dangereux car il n'est pas fini et reste donc fragile. Mais la perspective de rencontrer le public dans quelques jours est surtout un moteur ; ça nous oblige à être efficace même si ce qu'on va présenter n'est qu'une étape. Ce n'est pas la version définitive. »

Pour cette nouvelle création, intitulée Cirque, vous êtes seule sur scène. Une première depuis bien longtemps…
« J'ai eu envie de revenir à la formule solo pour ouvrir de nouvelles portes. Notamment en allant plus loin dans le texte, dans le jeu d'acteur et en affinant les passages entre les mots et la danse. C'est un travail compliqué car je ne suis ni un auteur, ni une comédienne. Ce spectacle est un monologue dansé où j'oscille entre le réel et la fiction. A travers ma propre histoire romancée, j'évoque le parcours de quatre figures féminines : Valentina Terechkova, la première femme cosmonaute ; Claudine Longet, danseuse et chanteuse parisienne qui a tué, par accident, son second mari et épousé son avocat ; Okuni, fondatrice du théâtre kabuki à Tokyo et créatrice d'un nouveau style de danse ; et la comtesse de Castiglione, maîtresse de Napoléon III, célèbre espionne et grande figure des premières heures de la photographie. »

A quel stade de votre création êtes-vous ?
« Nous sommes en milieu de parcours. Je travaille sur l'écriture de ce projet depuis un an, et nous avons déjà travaillé en résidence à La Rochelle et à Orléans. Après Issoudun, on fera d'autres résidences à Angers, à Tours et à La Riche où la première de ce spectacle doit être jouée, le 4 mars. Le texte est écrit mais je continue à improviser des passages car je dois trouver des nuances dans les mots mais aussi dans les gestes. Il y a plus de choses à maîtriser que dans un spectacle de danse pure. Ce projet, c'est une façon de me mettre en danger. »


One woman show subtilement écrit et intensément interprété, Cirque de Cécile Loyer fait monter la température dans un raout total. Oser est le maître mot de cette chorégraphie pour une danseuse, un musicien et une multitude de présences féminines qui transitent, apparaissent et disparaissent. (…)Cirque titille les caricatures sans jamais dépasser la barrière du mauvais goût, on en ressort sourire aux lèvres tout en se demandant combien de femmes remarquables disparaissent dans les limbes d'un oubli collectif. (…)Un spectacle drôle, inspiré et novateur.  Mouvement.net - Léa Poiré

Un spectacle qui oscille entre des paroles, des bang bang, des récits, des outrances, de la pudeur, de la tragédie et une bonne dose d'humour. Par le truchement de la danse contemporaine et de quelques morceaux modernes interprétés avec maestria par Sylvain Chauveau, Cécile Loyer navigue entre plusieurs genres, joue avec la temporalité, s'échange les costumes, les perruques, les attitudes et traverse les frontières. Un numéro de prestidigitation foisonnant qui ouvre son répertoire à l'abstraction et la théâtralité. Écrin offert à quatre femmes au destin hors du commun qui reprennent vie sur la scène le temps d'une porte ouverte, celle de la mémoire et de l'imagination. Un hymne au corps, à la danse, à la musique et aux mots pour un cirque dédié aux esprits libres. L'imprimerie nocturne - Karine Baudot