L'immanquable du mois

Le 20 septembre, en première partie : « MA RENTRÉE AUDIOVISUELLE » À 20h : le lycée Ango vous présente les productions de sa section « cinéma et audiovisuel ».

Portrait de la jeune fille en feu

FILM FRANÇAIS DE CÉLINE SCIAMMA | 2019 | 2H
AVEC NOÉMIE MERLANT, ADÈLE HAENEL, LUÀNA BAJRAMI
Prix du scénario – Cannes 2019
Photo du réalisateur

Après sa trilogie sur la féminité contemporaine (Naissance des pieuvres qui révéla la comédienne Adèle Haenel en 2007, Tomboy en 2011 et Bande de filles en 2014), Céline Scianmma était pour la première fois en compétition officielle au Festival de Cannes 2019. Si Portrait de la jeune fille en feu est un nouvel essai sur l'émancipation féminine, la réalisatrice de 40 ans nous entraîne cette fois sur une île bretonne à la fin du XVIIIe siècle. Une peintre est engagée pour faire le portrait d'une jeune femme promise par sa mère à un aristocrate italien. Le modèle ayant refusé de poser jusque-là pour retarder le mariage, l'idée est de la peindre à la dérobée. L'artiste se faisant passer pour une dame de compagnie dans la journée, exécute le portrait le soir, de mémoire. Isolées sur l'île, les deux jeunes femmes deviennent vite complices, elles se rapprochent, se séduisent... Le secret devient vite trop lourd à porter pour la peintre. Céline Sciamma commente cette histoire si loin et pourtant si proche de son univers habituel : « Ce n'est pas parce que les problématiques sont anciennes qu'elles n'ont pas leur actualité. Surtout quand il s'agit d'une histoire si peu racontée. Celle des artistes femmes et même celle des femmes tout court. (…) Dès que j'ai commencé à rêver au film, le grand enjeu de reconstitution était plutôt du côté de l'intime, de la restitution du cœur. Si ces femmes se savaient condamnées à des vies toutes tracées, elles étaient traversées pour autant d'autre chose. Elles étaient curieuses, intelligentes, avaient envie d'aimer. » La mise en scène joue brillamment avec les contradictions entre la rigueur des conventions et le désir de liberté des corps. Avec sensualité et élégance, elle ausculte les cœurs des deux héroïnes formidablement interprétées par Noémie Merlant et Adèle Haenel. Sublimes, farouches, passionnées, les comédiennes auraient mérité un double Prix d'interprétation féminine mais c'est finalement le Prix du scénario (la formation d'origine de Céline Sciamma) qui a récompensé l'un des films les plus bouleversants du dernier Festival de Cannes. (+ d'infos)