SAM 24 NOVEMBRE 11H
durée 45 minutes
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BRACQUEMONT
commune de Petit Caux
salle Henri Pequet
tarif D
MARIONNETTE ET MUSIQUE
JEUNE PUBLIC
dès 3 ans

séances scolaires jeu 22 nov 10h & 14h | ven 23 nov 10h & 14h.

Piccoli Sentimenti

IDÉATION ET MISE EN SCÈNE ALAIN MOREAU
EN COMPLICITÉ AVEC ANTONIO CATALANO
TOF THÉÂTRE & TEATRO DELLE BRICIOLE

 

La curiosité, le plaisir, l'audace et la frousse d'explorer ce qui nous entoure comme si c'était la toute première fois.

Les petits spectateurs sont installés au plus proche du comédien, au bord de la scène, dans un chapiteau d'intérieur. Devant eux, un plateau, de la terre, une lune-miche de pain, un ciel de bambou... et de petites constructions de bois, faites de fragiles brindilles et de bâtons. Un souffle berce les feuilles. Il n'y a rien d'autre, comme aux premiers temps du monde. Et puis soudain... Soudain quelque chose s'agite sous la terre : un être, un être indéfini qui rampe. Quand son visage se révèle, alors tout commence vraiment : c'est le début des « petits sentiments », ceux qu'éprouve, un à un, l'unique personnage de ce spectacle, une marionnette grande comme la main. Effroi, désir, solitude, joie, colère, émerveillement, toute la gamme est explorée sans un mot. Cet univers est bercé par la musique interprétée en direct sur des instruments uniques.

Le monde loufoque et sensible du Tof Théâtre, l'art brut d'Antonio Catalano et les sons inventifs du patamusicien Max Vandervorst s'entremêlent avec bonheur pour nous concocter cet hymne à l'émerveillement et à l'éveil du sens artistique !

Salle Henri Pequet | Place du Vivier | Bracquemont | 76370 PETIT CAUX

1h avant la représentation, nous sommes joignables au 06 73 79 84 07.

Image

Scénographie Alain Moreau à partir d'une proposition d'Antonio Catalano. Création de l'univers sonore, des instruments et composition des musiques Max Vandervorst. Création des éclairages Emiliano Curà et Dimitri Joukovsky. Création et collaboration au scénario Sandrine Hooge et Céline Robaszynski. Jeu Lisou De Henau, Céline Robaszynsk. Régie en tournée Amaury Bertels. Assistante à la scénographie Céline Robaszynski. Construction du plateau et bidouillages divers Paolo Romanini. Mise sur orbite et conseils éclairés My-Linh Bui. Aide précieuse à la réalisation Sarah Demarthe.

Production Tof Théâtre et Teatro delle Briciole. Co-production Festival A pas contés (Dijon), Le Granit – Scène Nationale de Belfort, L'Arche – Scène Nationale du Pays de Montbéliard, L'Yonne en Scène.

© photo : Melisa Stein

Site de la compagnie


"Liberté  totale"

Telle était la proposition de Flavia Armenzoni lorsqu'elle me confia la création d'un spectacle au Teatro delle Briciole... Cette proposition me ravissait. Très rapidement nous en arrivâmes à imaginer de produire conjointement ce spectacle. Pour deux compagnies amies de longue date, ce projet venait à point nommé.

De retour de Parme où nous avions discuté de ce projet, je fis étape pour quelques jours dans les collines aux alentours d'Asti à la Casa degli Alfieri, le repère bucolique d'Antonio Catalano. Comme toujours, nous étions heureux de nous retrouver. Dans son atelier, je découvris un des multiples travaux en cours de cet artiste prolifique.

Le sol était parsemé de constructions miniatures en bois de noisetier, des tours étranges...

C'était très beau, Antonio m'expliqua que c'était la maquette d'un projet monumental qu'il imaginait pour l'extérieur.

J'aime beaucoup les miniatures, je trouvai cela très tentant... Une envie d'explorer ce monde étrange, d'y mêler mon univers me tenaillait. A son insu, je retournai plus tard dans son atelier accompagné d'une petite marionnette que je traine souvent avec moi, avec laquelle j'expérimente des choses durant mes temps libres en me disant qu'un jour peut-être j'en ferais un spectacle... Après quelques minutes d'exploration de ce monde sensible, j'eus le senti- ment qu'il se passait quelque chose de possible et d'intéressant !

Après avoir improvisé avec ma marionnette devant lui, très vite, Antonio commença à fabriquer d'autres constructions miniatures. Un ping-pong d'idées débuta très naturellement, l'aventure avait commencé ! Un spectacle très simple, sur la curiosité, la décou- verte de ce monde poétique et étrange avec de la lumière qui joue, du vent qui tourne, une musique minimaliste, des sons, des sensations... Après trois agréables jours de travail de recherche, une scénographie et les grands axes furent ensemble dessinés sans peine. Pour Antonio, il y avait quelque chose de métaphysique dans ce qu'il avait vu durant ces quelques jours...

Et pour moi il semblait évident et indispensable que Max Vandervorst mon complice musicien depuis toujours, nous rejoigne dans cette belle aventure ! Une envie profonde m'intéressait, celle de me laisser porter par la marion- nette, l'univers d'Antonio et celui de Max. Et les laisser se découvrir mutuellement et assister à la fusion...

J'aime ce projet parce qu'il est arrivé naturellement sans qu'on y réfléchisse pendant des mois, sans préméditations.

Alain Moreau, Metteur en scène


La conjonction de trois univers

Tout le spectacle s'est écrit naturellement. Comme une conjonction évidente de trois univers plastique, musical et théâtral qui partagent au même moment les mêmes aspirations. Rien n'a été vraiment formulé, tout s'est passé comme une évidence, dans un va et vient d'apports et d'idées qui se complétaient à merveille. Il y avait une folie qui devait se rencontrer entre le plasticien Antonio Catalano et le musicien Max Vandervost, avec qui je travaille depuis 25 ans. Max n'a jamais parlé avec Antonio, mais quand il a vu son décor, il a eu le désir de se l'approprier, de le sonoriser et le musicaliser. Tous deux bricolent et détournent dans un même esprit d'enfance les objets du quotidien ou les éléments naturels. Ensemble, nous avons bâti une maison commune dont j'étais l'architecte, ils apportaient les pierres, je montais les murs. Ce dialogue entre les arts a donné naissance à un spectacle complet qui éveille à la musique, à l'art plastique, au théâtre, à la créativité multiple.

Les petites choses de la vie

Au départ nous ne savions rien de ce qui allait arriver. Nous ne cherchions pas à raconter une histoire mais à la vivre dans son instantanéité et sa vérité la plus profonde. Tous les trois, nous nous sommes inscrits dans les traces d'un personnage, une marionnette, qui naît à la vie avec tous les sentiments que cela peut générer : la tristesse, la solitude, l'émerveillement. Nous voulions que le public puisse grandir avec elle. Comme s'il s'agissait de sa propre vie. Qu'il parte avec elle à la découverte de ce qu'elle est et de ce qui l'entoure sans calcul, sans autre finalité que celle de goûter et d'éprouver la beauté inattendue des toutes petites choses de la vie.

Un voyage initiatique dont le guide est non identifié

La marionnette est animale, humaine, enfant, adulte. Elle est ce tout mélangé. Habituellement, mes marionnettes sont de facture réaliste. Si j'avais fait surgir une marionnette réaliste, on aurait pensé à un monde post atomique en construction inachevée, cela aurait raconté autre chose... Celle là est différente, je l'avais dans la poche quand j'ai découvert les constructions miniatures d'Antonio. C'est elle qui est partie explorer ce monde sensible, je n'ai fait que la suivre. Je l'ai adaptée ensuite pour qu'elle trouve justement sa place dans l'univers d'Antonio sans jamais lui donner une forme complètement identifiable. Elle est un vecteur qui ouvre l'imaginaire sans jamais l'enfermer. C'est en empathie avec son espièglerie, sa tendresse, son humour, son goût du jeu que tout le spectacle s'est construit. Elle n'est qu'un vers, une larve au tout début. Puis l'univers qu'elle traverse participe à sa métamorphose. Chacune de ses découvertes musicales, visuelles, émotives la fait grandir. Je voulais que le public l'entende réfléchir, ressentir, qu'il se dise «j'y crois, c'est vrai !».

Qui manipule qui ?

C'est Sandrine Hooge, une comédienne circassienne qui manipule. Sans jamais avoir eu d'expérience dans ce domaine, elle a immédiatement trouvé une relation quasi organique avec la marionnette. Depuis toujours je travaille avec des comédiens qui ne sont pas des marionnettistes. Ils apportent un plaisir du jeu, une générosité, une couleur supplémentaire. Sandrine et la marionnette forment un duo qui brouille le rapport du manipulateur et du manipulé. Qui détient le pouvoir ? Ce rapport ambigu avec la marionnette est à la base de mon travail.

Sans parole

Je ne suis pas quelqu'un de bavard, tout mon travail repose sur le geste clair qui est une substitution à la parole. Les personnages parlent mais on ne les entend pas. Je suis un admirateur de Chaplin et de Keaton qui travaillaient sur tous les signes visuels et auditifs, la scénographie, la manipulation des objets, la chorégraphie des corps, la musique. J'essaie d'être très rigoureux dans ce travail qui ne souffre pas de fausse interprétation. Je ne fais pas un théâtre muet mais un théâtre où le public oublie qu'il n'y a pas de parole.

Dominique Duthuit
d'après les propos recueillis auprès d'Alain Moreau par Olindo Rampin et Alessia Tarasconi (Teatro Delle Briciole).


Un instrument de musique est un objet qui produit des sons et dont le musicien joue pour s'exprimer. Du lithophone primitif jusqu'à l'électronique musicale, l'humain en évolution n'a fait que percuter, frotter, pincer et souffler dans les objets qu'il trouvait ou inventait. Les bruits et les sons, les mélodies d'ici et les rythmes d'ailleurs, le quatuor à cordes et l'électroacoustique font aujourd'hui partie d'un immense vocabulaire planétaire dans lequel l'artiste d'aujourd'hui a la liberté de puiser.

lutherie

A travers les modes et les tendances, «la lutherie sauvage», qui consiste à créer des instruments de musique à partir d'objets non spécifiquement conçus à cet effet, nous offre un terrain d'aventure et de découvertes permanentes et nous pousse à un dépassement continuel de nous-même. Du clown musical jusqu'à la musique «concrète» mais savante de Pierre Schaeffer, des sculptures sonores de Tinguely aux Steel Bands de Trinidad, des générations de chercheurs et d'artistes se sont évertués à ouvrir une fois pour toutes la notion même d'instrument de musique.

Non seulement l'emploi de ces instruments-là nous permet de trouver des sons nouveaux, inouïs, inimitables par les instruments traditionnels ou électroniques, mais encore nous apporte-t-il des idées nouvelles : composer pour une bouilloire ou une bicyclette suscite chez le musicien un imaginaire totalement différent de celui qui est contenu dans la formule symphonique ou dans l'orchestre de rock. Placé sur un terrain vierge dans la mesure où il n'a pas été labouré par la tradition, l'artiste est contraint à l'invention.

Cette démarche, telle que nous l'entendons, est profondément ludique et nous rappelle que, même dans le vocabulaire du dictionnaire, la musique est faite pour être jouée. Enfin la lutherie sauvage nous propose d'élargir les frontières du domaine musical pour aller à la rencontre de la poésie, du théâtre, de la sculpture...

Max Vandervorst*

* Max Vandervorst est musicien et inventeur d'instruments. Depuis 1988 il réalise des spectacles où interviennent des instruments qu'il créé lui-même à partir d'objets très divers ; Symphonie d'Objets Abandonnés, Concerto pour deux vélos, L'Homme de Spa, ont été largement diffusés à travers le monde et continuent de l'être. Il est également compositeur de musiques de scènes et concepteur de la Maison de la Pataphonie à Dinant (Belgique). Un lieu magique, entièrement dédié à la «lutherie sauvage», où chacun peut à loisir découvrir et expérimenter des instruments tous plus étranges les uns que les autres.


Voilà un moment précieux qui nous réunit, petits et grands, autour d'un paysage miniature qui va progressivement révéler ses mystères. Installés au plus près du plateau de jeu, tous bien serrés les uns contre les autres, nous sommes invités à contempler et nous émerveiller de toutes petites choses qui nous renvoient au grand mystère du monde dont nous n'aurons jamais fait le tour. L'histoire se résume en une ligne. Un jour, une créature, qui appartient à une espèce non identifiable, naît sous nos yeux, elle grandit et se métamorphose grâce à son interaction avec ce qu'elle touche, ce qu'elle voit, ce qu'elle entend, ce qu'elle ressent. Cela n'a l'air de rien comme ça et pourtant, au fil de la représentation, avec cette petite marionnette grande comme la main, nous revivons en quelque sorte la curiosité, le plaisir, l'audace, mais la frousse aussi d'explorer ce qui nous entoure comme si c'était la toute première fois... Dominique Duthuit – France Inter

Des galets blancs délimitent un espace "naturel", éclairé par des lampes recouvertes de feuilles sèches ; ça et là, sur le sol recouvert de terre, des installations miniatures faites en tiges de bois, coquillages et ficelles (petit moulin, hutte...). Tout un univers qu'une marionnette, sorte de ver de terre au visage de clown, va découvrir. Le petit personnage exprime sans mots, mais avec un langage particulier et des sons, son étonnement, son ravissement, sa peur, sa colère... tous ces "piccoli sentimenti" qui font grandir. Une comédienne manipule, tandis qu'une musicienne crée sur les instruments insolites d'une lutherie sauvage une douce atmosphère. Une collaboration artistique entre un plasticien, un musicien et le Tof Théâtre, pour un bijou de sensibilité et de finesse. Françoise Sabatier-Morel – Télérama

La rencontre entre Alain Moreau, marionnettiste belge exubérant et ironique, et Antonio Catalano, créateur italien d'univers proches de l'arte povera, a produit un spectacle dont on se demande bien à qui il ne pourrait pas plaire. En suivant les tribulations d'un petit être informe, mi-vermisseau, mi-enfant, pas plus haut que deux pommes, on se laisse glisser avec délices dans un monde des origines : terre, bois, ficelle, coquillages. Tout se transforme : trois brindilles font un portique de cirque, un seau à charbon, affublé d'un manche, une guitare électrique. Tout peut prendre vie, à travers le regard de la marionnette, au gré de sa fantaisie, au fil de ses découvertes, souvent burlesques, parfois cuisantes. Et si la sobriété de moyens, et l'apparente légèreté du propos, ouvrent toutes grandes les portes de l'imagination des spectateurs, placés tout près de la petite scène ronde, elles mettent aussi en valeur le formidable travail de manipulation, de jeu, et d'accompagnement musical de Sandrine Hooge et Céline Robaszynski. François Fogel - Le Piccolo

Du voyage magrittien de Sur la dune, on passe à un univers plus forestier, dans un décor fait de lit de copeaux et de terreau, de constructions miniatures en bois de noisetier, d'instruments extraterrestres. Un univers que l'on doit à l'Italien Antonio Catalano et au patamusicien Max Vandervorst. Du ventre de cette forêt fantasmée surgit un petit être étrange, mi-homme, mi-ver de terre mais 100 % clownesque avec son nez rouge, aventurier attachant qui escalade, disparaît, découvre une balançoire, le vent qui souffle, des pierres musicales, et même la marionnettiste qui lui donne vie. Exploration tactile, sonore et sentimentale qui met les sens des tout-petits en éveil, dans une atmosphère toute douce, sans paroles mais avec une imagination imprévisible, qui va jusqu'à faire naître une étoile filante dans le ciel. Comme souvent avec le Tof Théâtre, il faut se laisser entraîner dans une déambulation poétique, laisser de côté ses repères et accepter d'entrer dans un imaginaire qui n'a besoin que de quelques bouts de bois pour créer une foule de sentiments : surprise, liberté, frustration. Comme le font nos enfants, finalement, capables de créer un monde entier à partir d'une branchette récupérée par terre. Catherine Makereel - Le Soir

Joies de la lumière, de l'eau, du sensoriel, de la simplicité et, surtout, de la musique. Complice depuis toujours d'Alain Moreau, Max Vandervorst, luthier sauvage, multiplie les sons inventifs, des plus doux aux plus rock, lesquels entraînent ce petit être de plus en plus vivant et friand de rythmes endiablés. Laurence Bertels – La Libre

La délicatesse prédomine. Rien d'agressif, de violent, d'excessif ici. Simplement la poursuite d'expérimentations sur le réel pour distinguer ce qui est agréable ou repoussant, favorable ou néfaste. L'image est bien celle du développement de soi, de l'acquisition d'une autonomie. L'univers plastique d'Antonio Catalano, l'univers sonore de Max Vandervost et l'univers théâtral d'Alain Moreau sont réunis pour former un ensemble inaccoutumé. À la fois familier comme ces jeux d'enfants imaginant des histoires à partir de quelques éléments épars. À la fois surprenant comme ce qui se passe dans les rêves ou des tableaux surréalistes. À la fois réaliste comme tous les apprentissages nécessaires qui se succèdent durant la vie ordinaire. Michel Voiturier - Rue du Theatre

C'est une jolie allégorie de la prime enfance, que ce Piccoli Sentimenti, dans un petit monde où tout paraît si simple ; la guitare est faite d'un seau à charbon en cuivre, le xylophone de planches de palettes, les fers à repasser sont des instruments sonores, tout comme les coquillages, et l'ensemble est totalement cohérent. Les différents éléments concourent tout naturellement à l'éveil sensoriel et émotionnel de la marionnette, et partant, des très jeunes spectateurs qui n'ont aucun mal à s'identifier. Denis Messelet - Le Bien public