JANVIER LE MOIS DE LA COMÉDIE

MAR 22 JANVIER 20H
durée 1h
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LE DRAKKAR
tarif A
THÉÂTRE ET MUSIQUE
dès 12 ans

Daisy Tambour

CONCEPTION OLIVIER THOMAS
TOMASSENKO TRIO

 

Un orchestre de poche pour une musique de chambre pas bien rangée.

Daisy Tambour, c'est un trio de comédiens parlant une langue musicale. Mais c'est aussi un trio de musiciens jouant avec le son des mots. Le trio est composé du raconteur d'histoires en biais, comédien et metteur en scène Olivier Thomas, de la clarinettiste Catherine Delaunay et du guitariste Laurent Rousseau. Leur complicité est évidente, le plaisir du jeu communicatif. Armés de leurs instruments parfois farfelus, ils nous ouvrent les portes de leur petit monde fait de malice et de poésie burlesque, où les mots et les sons provoquent sensations plus que ne font sens. Ici pas d'histoire, pas de pourquoi, mais des impressions, des langues qui claquent et des mots qui s'éclatent. Notre âme d'enfant est sollicitée. On se laisse surprendre par l'orientation, l'association des idées, au mot à mot (d'un mot découle l'autre), au coude à coude, sans chercher la logique, comme si les mots coulaient dans un toboggan labyrinthique, et qu'à chaque détour la surprise était au rendez-vous. Un moment poétique chanté, parlé, joué. Un spectacle jubilatoire, à consommer ensemble et sans modération !

 

« Avec ses complices Catherine Delaunay et Laurent Rousseau, Olivier Thomas développe son univers ludique farci d'allitérations, de logique en tire-bouchon, de surprises musicalo-théâtrales. » La Libre Belgique

Écriture et composition Olivier Thomas. Avec Olivier Thomas, Catherine Delaunay et Laurent Rousseau. Arrangements Tomassenko Trio. Œil extérieur Véronique Dumont et Vital Schraenen. Création vidéo Nicolas Marchant.

Production Rideau de Bruxelles, Tomas&co asbl. Diffusion La Charge du Rhinocéros. Aide Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Service général de la création artistique.

© photo : Alessia Contu

Site de la compagnie


Daisy Tambour est dans la directe continuité du travail entamé avec Antifreeze solution qui cherche à intégrer l'écriture, le jeu d'acteur, la danse et la musique.

Il ne s'agit pas d'un « trio » musical au sens jazz du terme, ni d'un concert de chanson, ni d'une comédie musicale, ni d'une musique accompagnante pour un conteur, mais bien d'un spectacle musical qui mêle deux disciplines principales (musique et écriture) avec un travail sur le plateau, et une vraie réflexion sur leur interpénétration. Ce triangle, c'est avant tout une rencontre. Et cette rencontre est devenue une alchimie. Au-delà du propos du spectacle, c'est l'émulation artistique qui se dégage de notre « mise ensemble », et le plaisir communicatif que nous avons sur scène, qui justifie déjà à mes yeux la continuité du travail. Laurent est guitariste autodidacte, mais aussi constructeur de machines improba- bles faites de pièces récupérées. Il bidouille ses instruments, mélange ses cordes. Par nature, sa présence et sa musique est toute théâtrale. Sans effort. Il est passionné de littérature et écrit son propre roman. Catherine est clarinettiste jazz de formation classique. Mais aussi multi-instrumentiste. Elle joue aussi bien du cor de Basset que des percussions sur likembés bizarres, de la scie musicale, des marimbas déglin- gués. Elle est, elle aussi, passionnée de littérature, et oriente ses propres projets musicaux autour de l'univers d'un auteur. Olivier propose une langue « recyclée » faite de sons mis en mots, de français dissonant, d'expressions secouées, d'onomatopées et de borborygmes primitifs. Il recherche dans le mouvement le plaisir du jeu, de l'incarnation, celui du danseur amateur, qui ose sans honte se montrer, et distille parmi tous les amateurs potentiels que nous sommes une envie de participer. Du chant, de l'écriture du théâtre et du corps. Nous avons donc tous les trois, avec des formations différentes et complémentaires, la même focale. Nous développons des sons et un univers instrumental au service du texte. Nous parlons à trois, scandons à trois, chantons à trois.

Daisy Tambour c'est un assemblage de textes avec différents styles d'écriture.  

Certains textes, avec une langue énigmatique où c'est l'expression du plaisir de dire, quel que soit le sens des mots, qui dicte l'émission des mots. Le plaisir de dire vite. La bouche qui s'ouvre grand comme un corps qui s'étire. Le comédien s'étonne lui-même de la manière dont sortent les mots. L'esprit se libère de la contrainte du sens. D'autres textes sont l'expression distanciée, ironique, d'une réflexion sur le comment vivre. D'autres interrogent le mouvement. D'autres encore expriment le doute, en se moquant de nos questionnements, nos errances, tout en les laissant surgir. Le tout donnera l'expression jubilatoire d'une libération de la langue, du corps et des sons, au profit du vivre mieux. Une architecture singulière de la pensée, intuitive et corrosive. Être résolument positif et poétique dans un monde de plus en plus sombre.

Incarner le plaisir de l'instant, en contrepoint à nos hésitations, nos errances, nos attentes, nos deadlines repoussées. Narguer la peur du ridicule. Prendre l'espace avec les bras. Réveiller en nous ce qui reste des enfants que nous avons été en laissant ressurgir la notion du jeu, de la gratuité, et de l'invention. Être habité par autre chose que le cadre formel auquel nous sommes habitués à nous contraindre. Se laisser surprendre par l'orientation, l'association des idées, au mot à mot (d'un mot découle l'autre), au coude à coude, sans cher- cher la logique, comme si les mots coulaient dans un toboggan labyrinthique, et qu'à chaque détour la surprise était au rendez-vous. En prenant plaisir à visiter chaque recoin. Donner à l'architecture du spectacle comme à celui des pensées le choix de s'organiser en toute liberté. Apprendre à se laisser surprendre, à découvrir. À l'heure des pommes formatées et des goûts stéréotypés, des poulets dans la chaîne de démontage. Défendre l'idée que le petit, l'inefficace, le balbutiant a sa raison d'être. Autant que l'assurance. Et que c'est par le balbutiant, à l'endroit où l'on ne maîtrise plus, que le neuf peut ressurgir. Pas de grand débat sur la place publique. De l'intuitif, du précaire. De la chaleur.

Il n'y a pas que ceux qui ont des choses à dire qui doivent parler. Nous avons besoin de place, nous les silencieux, pour que le silence puisse se faire. Pour que notre silence puisse faire du bruit. Je n'ai rien à dire de particulier, mais j'ai quand-même envie de parler. Dire que j'hésite. Souvent. Parler de tout et de rien. D'une certaine manière, ce projet s'inscrit en faux. Pas par principe mais par conviction, naturellement. Une alternative à ce qui s'entend. Par son volume, nous murmurons plutôt. Par les mots, nous hachons, disséquons la langue. Nous incitons la lecture en biais, entre les lignes. Par la musique aux arrangements singuliers. Emmener le spectateur sur un terrain où le plat n'a pas été préparé. Tout reste à faire. À goûter. Même s'il y a accès partout, il ne suffit plus qu'à ouvrir les portes. Ni musique, ni théâtre, ni comique, ni triste, ni rien, ni tout. Tous les « ni » s'enivrent sans thème ni cri, si ce n'est celui du corps de la pensée, de la voix, des envies, des rêves, des angoisses, du vide, de tous les jours et cetera quoi.

Olivier Thomas


Catherine Delaunay  
Catherine Delaunay arpente la scène française et européenne depuis plus de 20 ans. Elle compose et dirige ses propres spectacles, Jusqu'au dernier souffle, d'après les lettres d'amour des Poilus, création novembre 2014, Sois patient car le loup, d'après les poèmes de Malcom Lowry. On la connaît aussi comme capitaine de son petit orchestre de rue et d'intérieur Y'en a qui manquent pas d'air et on la retrouve multi- instrumentiste dans le trio Pépée musette. Elle est aussi la compagne de route d'Olivier Thomas (Tomassenko), Laurent Dehors (Tous Dehors), Claude Tchamitchian (Lousadzac), Régis Huby (All around), Isabelle Olivier (Big Sea Band),... On la retrouve au théâtre dans L'acteur loup, texte de Benedetto, mise en scène Michel Bruzat. 

Laurent Rousseau
Laurent Rousseau, autodidacte dès l'âge de 6 ans, nomade jusqu'à 13, Laurent Rousseau est guitariste, mais aussi inventeur de Machines Improbables à Rentabilité Limitée, concepteur de lutheries imaginaires, au sein de sa « ligue des utopistes non alignés ». Il invente des instruments en les détournant de leur fonction domestique, une sorte de recyclage d'objets inertes, où il transforme le creux et le déchet en « Poétique sonore ». Guitares bricolées et guitares jouets, dodéklaxophones, charentaises soniques, trombinodon, jardinodrum, orgue primaire, pétancaouïr, marmaille à tirettes, placàpieds et autres instruments inventés. 

Olivier Thomas
Olivier Thomas, auteur de langues imaginaires, amateur du recyclage par la culture de l'imparfait, créateur d'espaces intersti-ciels et de lecture en biais, Olivier Thomas a joué dans de multiples spectacles en tant que comédien, avant de se consacrer à la musique et à l'écriture. Il crée de nombreuses musiques pour le théâtre et met en scène divers spectacles. Au théâtre, il a travaillé en tant que comédien avec notamment Mehmet Ulusoy, Adrian Brine, Jules-Henri Marchant, Dominique Serron, Philippe Sireuil, Véronique Dumont, dans divers spectacles au Théâtre Varia, au Rideau de Bruxelles, au Théâtre de la Colline, à La Balsamine, au Théâtre National, au Théâtre Les Tanneurs...

Thomassenko/Tomas&Co Asbl/TomasseN'KOOPERATIVE…
Tomas&co asbl
existe depuis maintenant plus de 15 ans. Cette asbl est organisée autour du travail d'Olivier Thomas, comédien de formation, auteur, compositeur et metteur en scène. L'association a créé cinq spectacles, produit et coproduit six albums (Le singulier des pluriels, Le second souffle de Josaphat, La danse des Komnous, Le jour de l'envol/quintet, Antifreeze solution/trio, et récemment Organetta) avec le groupe Tomassenko composé d'Olivier Thomas et de deux musiciens multi-instrumentistes : Catherine Delaunay et Laurent Rousseau. Tomas&co asbl organise également des projets événementiels rassemblant différentes associations (fanfares, chorales, grou- pes de percussions) et artistes (musiciens invités, acteurs, circassiens…), sous le nom de TomasseN'KOOPERATIVE. Il s'agit exclusivement d'un travail de création. Il est fait de rencontres à travers la musique, l'écriture, le mouvement et de façon plus globale, la théâtralité, avec comme considération constante : l'interaction avec le public.


Un banc, un tableau noir, des spots comme une guirlande multicolore en fond de scène, un radio - K7 avec de vraies cassettes dedans, des cocktails avec des parasols qui brillent. "Daisy Tambour" offre, "en contrepoint à nos hésitations, nos errances" , une bulle de gaîté farcie d'allitérations. Du ludique, du joyeux, du gentil et du doux. De l'entraînant, de l'entêtant aussi au g ré des mélopées que cisèlent les trois complices, sous le regard précis de Véronique Dumont et Vital Schraenen, et a vec une échappée en vidéo signée Nicolas Marchant. "L'idée, c'est que les gens se racontent l'histoire qu'ils ont envie d'entendre" , explique Olivier Thomas , pour qui ce spectacle parle de l'amour, de la vie en général, "avec le moins d'esbroufe possible" . Et avec la logique en tire - bouchon qu'il manie si bien. "Respirer use. L'oxydation. Tu respires tu t'uses. Mais tu es obligé de respirer. Par contre quand tu ris tu respires plus, tu t'uses encore plus, et là tu peux peut - être faire quelque chose, puisque tu n'es pas obligé de rire." La Libre Belgique

Sur scène, il y a plus d'instruments de musique que d'olibrius. Quand ils ne jouent pas – de la musique ou la pantomime – les deux manieurs de guitares, ukulélé, clarinettes, piano de poche, conserves (oui), braquent leur œil amusé et leur sourire en coin sur l'échevelé bouclé qu'ils désignent comme le responsable de tout ça. De cette drôle d' œuvre , hors - d'œuvre . Lui, l'énergumène en chef a produit les notes qui galopent, les mots qui cavalcadent, il les chante comme on débite , ça va vite, on a le tournis comme sur un carrousel. Le trio nous tend la main avec malice pour monter sur leur carrousel. Si on est disposé à rouvrir la porte à son âme d'enfant – celle qui jouit des sensations et des impressions, sans chercher obstinéme nt le sens, l'histoire, le pourquoi – alors on attrape la main et on tourne, on gambade, on folâtre dans cet univers de poésie burlesque. Déroutant, absurde, drôle ou grossier quelque s fois. Si votre âme d'enfant boude, mieux vaut passer votre chemin. Les 70 minutes se suffisent à elles - mêmes. On a la tête qui tourne, et les tours de manège supplémentaires ne servent en rien pour apprécier l'art singulier de ce magicien qui transforme la désillusion amoureuse en illusion facétieuse . L'Echo

Le trio arrive sur scène com me trois clowns patibulaires, un grand escogriffe sinistre, une petite ronde qui retient sa joie et un crollé qui nous dévisage, silencieux, avant de nous nous souler de curieuses tirades, gonflées d'onomatopées, jouant sur les mots, appelant la musique à la rescousse. Les "non - sens" du narrateur, au départ d'un échec amoureux, sont comiques, modulés en finesse par la multi instrumentiste jazzy Catherine Delaunay et le guitariste Laurent Rousseau, membre de la "ligue des utopistes non alignés" et qui adore détourner les instruments de leur fonction domestique. Avec une pareille bande, la surprise est au coin d'un récit, relancé par des impros d'apparence désinvolte mais très calculées. Imparfait, donc excitant, nappé de poésie, donc émouvant, telle est leur logique. RTBF