Capharnaüm

FILM LIBANAIS DE NADINE LABAKI | 2018 | 2H03
AVEC ZAIN ALRAFEEA, NADINE LABAKI, YORDANOS SHIFERA
Prix du Jury, Cannes 2018

À l'intérieur d'un tribunal, Zain, un garçon de 12 ans, est présenté devant le juge. À la question : " Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ? ", Zain lui répond : " Pour m'avoir donné la vie ! ". Capharnaüm retrace l'incroyable parcours de cet enfant en quête d'identité et qui se rebelle contre la vie qu'on cherche à lui imposer.

HORAIRES

jeudi 20:45
vendredi 16:15 | 20:45
samedi 14:30 | 18:30
dimanche 16:15
mardi 18:30

mercredi 15:30 | 20:45
jeudi 18:30
samedi 16:30 | 18:45 D

dossier de presse (PDF)

L'IMMANQUABLE (octobre 2018)

Zain, un garçon de douze ans détenu dans une prison à Beyrouth, intente un procès à ses parents pour l'avoir mis au monde. Cette situation (juridiquement impossible au Liban) est le point de départ de Capharnaüm, une formidable fiction aux allures de documentaire, Prix du jury du dernier Festival de Cannes. Le troisième film de l'actrice et réalisatrice Nadine Labaki nous décrit l'existence misérable de Zain, enfant d'une famille nombreuse sans argent et sans amour. Poussé à grandir trop vite, le petit bonhomme va multiplier les expériences et rencontrer une immigrée éthiopienne clandestine, mère d'un bébé dont il va devenir, un peu malgré lui, le baby-sitter… Dans une capitale libanaise marquée par la guerre et déstabilisée par l'immigration syrienne (qui représente un quart de la population totale du pays), on peut toujours trouver plus petit, plus fragile que soi. Nadine Labaki explique : « j'ai fait énormément de recherches. Elles étaient indispensables pour comprendre l'absurdité du système. Des gamins qui mendient dans les rues, j'en côtoie tous les jours à Beyrouth, le phénomène s'est aggravé avec l'afflux de réfugiés fuyant la guerre en Syrie. Je me demandais ce qu'ils devenaient le soir, quelle était leur vie. Je suis allée dans des centres de détention pour mineurs, dans des associations qui accueillent des enfants à problèmes, dans des bidonvilles. La plupart des enfants me tenaient le même discours : « Je ne suis pas heureux de vivre, pourquoi mes parents m'ont-ils donné la vie s'ils savaient qu'ils allaient me maltraiter de la sorte ? ». L'idée du petit garçon qui envoie sa mère et son père au tribunal pour les punir de l'avoir mis au monde est venue de là. » Dans ce film bouleversant et nécessaire, Nadine Labaki aborde frontalement les questions de l'enfance maltraitée, des sans-papiers, des formes modernes d'esclavagisme mais elle nous parle aussi de solidarité, de résilience et, presque paradoxalement, d'espoir. L'interprète de Zain, Zain Al-Rafeea, n'est pas acteur, c'est un petit réfugié syrien qui n'avait pas de papiers quand le tournage a commencé. Il n'était jamais allé à l'école, savait à peine lire et écrire. Il n'avait pas d'existence légale. Avec Capharnaüm, on ne peut plus faire semblant de ne pas le voir. Il se tient devant nous et son regard à la fois mélancolique et révolté n'a pas fini de nous interpeller.

affiche du film

PRESSE

Nadine Labaki met en scène, avec une grande force romanesque, un drame familial de la pauvreté. Le Monde
C'est prenant, haletant même, un poil surligné par la musique, mais cela reste du cinéma fort, concernant et romanesque. L'Express
une histoire d'une puissance émotionnelle rare. Le Journal du Dimanche
Aujourd'hui, grâce au film, le gamin et sa famille s'apprêtent à s'installer en Norvège, et il va pouvoir aller à l'école. Cet enfant au jeu si puissant a gagné son procès contre l'injustice du monde. Télérama
Par une mise en scène au plus près de ses acteurs qui jouent leur propre rôle, la réalisatrice libanaise Nadine Labaki signe l'une des plus belles œuvres sur l'enfance mal aimée. La Croix