Interdit aux moins de 12 ans

Border

Gräns

FILM SUÉDOIS DE ALI ABBASI | 2018 | 1H50
AVEC EVA MELANDER, EERO MILONOFF
D'APRÈS L'ŒUVRE DE JOHN AJVIDE LINDQVIST
Prix Un Certain Regard, Cannes 2018

Tina, douanière à l'efficacité redoutable, est connue pour son odorat extraordinaire. C'est presque comme si elle pouvait flairer la culpabilité d'un individu. Mais quand Vore, un homme d'apparence suspecte, passe devant elle, ses capacités sont mises à l'épreuve pour la première fois. Tina sait que Vore cache quelque chose, mais n'arrive pas à identifier quoi. Pire encore, elle ressent une étrange attirance pour lui...

HORAIRES

13 > 19 FÉVRIER

mercredi 20:45
jeudi 18:30
vendredi 20:45
samedi 18:00
dimanche 18:30
mardi 18:30 D

L'IMMANQUABLE

Deuxième long métrage d'un cinéaste iranien installé en Suède, Border est reparti du dernier festival de Cannes après avoir sérieusement remué les spectateurs et raflé au passage le prix Un Certain Regard. Adapté d'un roman horrifique suédois, le film fascine d'autant plus qu'il ne se laisse pas facilement catégorisé : thriller féministe ? Mythe nordique ? Polar social sur le statut des minorités ? Histoire d'amour tragique ? Fable sur notre rapport à la nature ? Border est un peu tout cela… Et bien plus encore : un conte de fée pour adultes, merveilleux, érotique et cruel, dont il ne faut pas trop dévoiler la trame pour préserver son pouvoir d'envoûtement. Plantons simplement le décor : Tina, douanière au physique ingrat et à l'efficacité redoutable, travaille dans un port du Nord de l'Europe. Son odorat est extraordinaire, elle est capable de « flairer » la culpabilité, la peur, le vice chez les passagers qui débarquent des ferries. Elle va ainsi permettre la découverte d'un réseau de pédophiles. Mais c'est une découverte plus intime qui est au coeur du film. Un jour, elle contrôle un homme d'apparence suspecte et qui lui ressemble étrangement. Tina sait qu'il cache quelque chose. Elle va le suivre, apprendre à le connaître, tomber amoureuse. À son contact, elle va peu à peu découvrir sa véritable identité... Dans les rôles principaux, Eva Melander (une des plus grandes actrices de son pays, déjà récompensée par l'équivalent des César suédois) et Eero Milonoff (comédien finlandais dont l'accent ajoute encore à l'étrangeté de son personnage) ont pris dix kilos chacun et supporté quatre heures de maquillage quotidiennes avant de passer devant la caméra. Vous l'avez compris, le film parle (aussi) de monstruosité mais le « monstre » ne se cache pas nécessairement là où on l'attend, comme le signale le journal Le Monde : « Ce monstre que nous n'avons cessé de vouloir repousser et qui a fini par trouver refuge en chacun de nous, Border le réveille, créant une onde de choc qui secoue longtemps et fait d'ores et déjà espérer le prochain film du cinéaste. » Effectivement, au-delà de ses qualités propres, le grand mérite du film est de révéler un nouvel auteur dans le cinéma contemporain : Ali Abbasi. Retenez bien ce nom, il n'a que 38 ans et Hollywood va certainement lui faire les yeux doux.

affiche du film

PRESSE

"Border" est un film exceptionnel qui, contre toute attente, dévoile peu à peu sa croyance dans la puissance de bienveillance de tous les êtres vivants. Les Inrockuptibles
Un conte naturaliste stupéfiant, qui brouille les frontières entre l'homme et la bête. Télérama
Cette fièvre extatique place d'ores et déjà Ali Abbasi parmi les auteurs les plus singuliers et prometteurs du cinéma fantastique contemporain. Cahiers du Cinéma
Adapté de la nouvelle éponyme de John Ajvide Lindqvist (...), Border renoue avec les mythes et les légendes nordiques pour nous en rappeler la portée symbolique. Surtout, en intégrant le fantastique à la réalité concrète du quotidien, le film d'Ali Abbasi parvient à humaniser ce monstre qu'aucune de nos sociétés, si proprettes soient-elles, ne peut ignorer. Le Monde
Ali Abbasi s'affirme comme un maître dans le mélange des genres, combinant polar, romance, merveilleux et même horreur, sans effort apparent, juste dans la singularité de son regard sur des personnages et des situations qui s'ancrent dans le réel pour mieux s'en détacher. Positif
Film de peur qui choque et qui dérange, Border exprime l'essence même du fantastique. Première
Avec ce conte fantastique aussi étrange que fascinant primé lors du dernier festival de Cannes, le réalisateur danois d'origine iranienne explore avec brio la notion d'identité et la frontière ténue entre humanité et animalité. La Croix
On ne cesse de douter devant ce conte d'apparence naturaliste, qui défie nos croyances, questionne la notion d'identité, de monstruosité, et donne envie de se précipiter sur l'œuvre du romancier John Ajvide Lindqvist, déjà à l'origine du sublime "Morse". Le Nouvel Observateur
On ressort de Border sonné, éberlué par l'audace du spectacle et sa singularité, ainsi que par la cohérence du film jusque dans son titre, on ne peut mieux adapté à cette œuvre brouillant toutes les frontières. Le Point