EN VERSION NUMÉRIQUE RESTAURÉE

Séance suivie d'une conférence de Bamchade Pourvali, écrivain de cinéma.

La Ballade de Narayama

Narayama Bushikou

FILM JAPONAIS DE SHOHEI IMAMURA | 1983 | 2H11
AVEC SUMIKO SAKAMOTO, KEN OGATA, TAKEJO AKI
Palme d'Or, Cannes 1983

À la fin du dix-neuvième siècle dans la région de Shinshu au Japon, quand un habitant atteint l'âge de 70 ans, il doit se rendre au sommet de Narayama, la montagne aux Chênes, pour y attendre la mort. Tatsuhei, veuf et père de deux enfants, va devoir y accompagner sa mère...
« La beauté du film est d'exempter ces actes, apparemment révoltants, de toute considération morale, pour les restituer au sein d'un ordre naturel primitif, où les cycles de vie et de mort s'abordent frontalement, sans hypocrisie. (…) Pour Imamura, l'homme partage la même histoire naturelle que celle des animaux. » Le Monde

HORAIRES

DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 18:00

Le dossier de presse (PDF)

A propos de La Ballade de Narayama, par Shohei Imamura

En opposition à la société actuelle dans laquelle les individus sont riches mais oublient la signification de la vie, il a existé une société dans laquelle les individus étaient pauvres et affamés mais connaissaient la signification de la vie.

Dans ce village, l'espace est réduit, les gens souffrent de faim, et si l'un naît, un autre doit mourir.

Avant leurs 70 ans, les personnes âgées mettent fin à leur vie, en se faisant abandonner dans la montagne.

Celui qui vole pour assouvir sa faim est tué. Les filles sont vendues, hormis l'aînée, et les fils cadets sont destinés à être les esclaves de l'aîné sans même pouvoir prétendre épouser une femme.

Personne ne s'oppose à cette stricte loi. Endurant la rudesse sans résister, obéissant à la nature implacable, conservant l'harmonie avec la nature, chacun doit vivre jusqu' à la fin.

Il ne s'agit pas de combattre farouchement, mais de vivre docilement, nonchalamment et doucement. Cela requiert l'endurance d'un boxeur qui se relève après chaque coup, ainsi qu'un mental fort.

Comme le temps qui lui reste avant sa mort est défini, chaque villageois est obligé de penser à sa vie. Orin aura bientôt 70 ans. Confrontée à sa mort prochaine dans la montagne, elle se soucie de la vie de ceux qui restent. Elle sait qu'en se donnant la mort elle permet à d'autres de vivre, et que c'est ainsi que sa mort prend son sens au sein même de sa vie. Mourir est « vivre entièrement » et c'est face à la mort que sa vie s'accomplit. C'est pour cette raison qu'elle s'inquiète du sentimentalisme et de l'hésitation de son aîné Tatsuhei, et qu'elle l'encourage, lui qui doit l'amener à la montagne sur son dos afin de l'y abandonner.

Cette histoire, qui est basée sur la légende de l'abandon de la mère (la ballade de Narayama), semble cruelle. Mais quand on regarde la société actuelle, pourrait-on dire que la figure de l'homme réduit à un simple rouage de la société qui le contrôle n'est pas cruelle ? Est-ce que les avantages de l'aide sociale rendent vraiment l'homme heureux et l'aident à accomplir sa vie ? Est-ce que la maison de retraite est une façon digne de finir sa vie ? Et la pollution mondiale de l'environnement, et la croissance démographique…

En quoi est-ce différent de ce village où si l'un naît, un autre doit mourir ? En examinant la vie et la mort d'Orin, j'aimerais connaître le sens ultime de la vie.

affiche du film

PRESSE

Une superbe réflexion sur la vieillesse et le laisser partir en adéquation avec la volonté du réalisateur de La Femme Insecte et de L'Anguille (sa seconde Palme, en 1997) d'aborder à la façon d'un ethnologue une culture qui n'est plus. AvoirAlire.com
Le film qu'en tire Imamura, cinéaste résolument moderne, s'oppose en tout point au classicisme de Kinoshita, qui exaltait la piété filiale et le respect des traditions. Au contraire, Imamura perpétue sa vision décapante et désacralisée d'une humanité primitive qu'il se plaisait à saisir « par le bas du corps », à ras d'instincts et de pulsions. Le monde