JEUNE PUBLIC À PARTIR DE 8 ANS / DANSE - THÉÂTRE / MERCREDI 20 DÉCEMBRE 19H / GRENY, COMMUNE DE PETIT CAUX / SALLE MUNICIPALE / DURÉE 55 MIN / TARIF D RÉSERVER
SÉANCES SCOLAIRES : MAR. 19 10H & 14H / MER. 20 10H / JEU. 21 DÉC. 10H & 14H

Une Chenille dans le cœur

DE STÉPHANE JAUBERTIE CHORÉGRAPHIE MICHÈLE DHALLU

CARRÉ BLANC COMPAGNIE

Une fable tendre et cocasse qui parle d’amour, de filiation, d’écologie et d’altérité.

 

Un bûcheron solitaire a coupé tous les arbres du pays des arbres. Tous sauf un. Mais celui-là, c’est le sien et il a promis de ne jamais le tailler car, dans ses racines, reposent les cendres de sa mère, son passé, ses souvenirs. Arrive dans sa vie une petite fille qui n’a pas de colonne vertébrale et vit serrée dans un corset de bois devenu trop étroit. Cette petite chenille qui rêve de devenir papillon est née de l’amour d’une femme et d’un arbre. Aujourd’hui pour qu’elle puisse vivre et grandir il faut lui tailler un nouveau corset dans le coeur de l’arbre du bûcheron. Commence alors une lutte des convictions. Les deux personnages se racontent, plongent dans leurs souvenirs et font vivre leurs imaginaires.

Dans cette mise en scène très riche de Michèle Dhallu, les trois interprètes mêlent avec délicatesse la danse, le texte, la musique et les acrobaties au service de l’émotion, de la poésie et de l’humour.

Chorégraphie Michèle Dhallu. texte Stéphane Jaubertie • Avec Christophe Brombin, Léa Darrault et Linda Edsjö. Scénographie Collectif Milimbo. Costumes Marie-Pierre Ufferte. Création musicale Linda Edsjö. Création lumière et régie Yves-Marie Corfa. Régie son Arnaud Mignon.
Coréalisation Théâtre Dunois-Paris, Carré Blanc Cie. Coproductions ADDA 81, CDC Toulouse, Odyssud-Blagnac. Soutiens Institut Français, Conseil Général du Val d’Oise, Adami, Spédidam. Résidences Service culturel-Ermont, CIRCa-Auch, Odyssud-Blagnac, L’Usine-Tournefeuille, Le Grain à Moudre-Samatan, Théâtre de Cahors, Théâtre des Mazades-Toulouse. Carré Blanc Cie – Michèle Dhallu est subventionnée par la DRAC Midi-Pyrénées le conseil Régional Midi-Pyrénées et le Conseil Général du Gers.

© photo : Claude Arnaudas, Pierre Ricci

Site de la compagnie


L’enjeu de cette création est double. En premier lieu, il s’agit de confronter le théâtre à la danse, la parole au silence, le sens à la multiplicité des sens. Comédiens et danseurs travaillent sur le même corps intentionnel, relationnel et narrateur. Mais la danse requiert de se retrancher derrière le mouvement, pour aller vers l’abstraction et susciter tous les imaginaires possibles. Ce frottement de l’écrit chorégraphique à la parole théâtrale me questionne dans cette antinomie qu’il semble porter.

Par deux fois j’ai engagé ce processus tout en contournant d’une certaine façon le problème, soit par des commandes où l’auteur « se pliait » à mes exigences chorégraphiques, soit en prenant le texte comme support sonore ou en intégrant une comédienne au plateau. J’ai voulu cette fois faire jaillir le texte des entrailles de la danse, travailler l’état des corps sous l’emprise des mots et transgresser le « mutisme » de la danse.

L’oeuvre de Stéphane Jaubertie croise des interrogations qui ont toujours été miennes : la relation à l’autre, au monde, à la vie plus généralement, à cette vie qui à défaut d’être toujours belle vaut le coup d’être vécue. Réflexions qui m’importent fondamentalement sur la responsabilité de l’adulte quant au monde, au sens large du fond et de la forme, qu’il transmettra à l’enfant.

Dans cette création, chaque domaine artistique est conjugué aux autres dans une interrelation déclinée et démultipliée pour brouiller les pistes peut-être... et faire surgir d’autres sens ou lectures possibles. Partant du principe que le papier vient du bois et transporte les mots, j’ai rêvé un décor créé à partir de papier et carton. Le choix du matériau papier, outre le rapport qu’il entretient entre la deuxième et la troisième dimension en jouant avec le rêve et l’impossible, permet aussi la poésie de la lumière sublimée par les jeux d’ombre.

Les trois personnages, et particulièrement celui de l’enfant sont partagés par les interprètes. La construction dramaturgique est déclinée en version chorégraphique (de l’illustratif à l’abstrait), théâtrale (du jeu à la lecture), et musicale (de la mélodie au bruitage). J’ai fauché dans le texte de Stéphane Jaubertie, toutes les fois où mon écriture chorégraphique peut se supplanter à la sienne ou qu’une alternative scénographique ou musicale s’impose.

Enfin, il me tardait de retrouver la présence d’un musicien au plateau et de reprendre cette liberté que la musique sur scène donne à la danse. Les percussions savent être mélodiques et oniriques, mais aussi évocatrices quand elles se rapprochent du bruitage et de la narration sonore. !

Ainsi, avec Une Chenille dans le coeur, je poursuis plus encore l’entrelacement des expressions scéniques qui fonde mon identité d’auteur.

Michèle Dhallu


Stéphane Jaubertie est né en 1970 à Périgueux. Il découvre le théâtre au lycée et très vite se prend au jeu. Il débute au théâtre de la Vache Cruelle avec Pierre Orma, puis va parfaire sa formation à l’école de la Comédie de SaintÉtienne. A sa sortie en 1992, il continue à se produire à la Vache Cruelle, notamment dans Naïves Hirondelles, de Dubillard. La justesse et la maturité de son jeu sont remarquées et il joue par la suite dans une trentaine d’oeuvres de divers auteurs : William Shakespeare, Bernard-Marie Koltès, Georges Feydeau, Harold Pinter, Bertolt Brecht, Fernando Pessoa, Federico Garcia Lorca, Andrée Chedid, Rainer Werner Fassbinder ....

En 2004, outre ses talents de comédien et de metteur en scène, Stéphane Jaubertie ressent le besoin d'écrire. Il couche sur le papier sa première pièce «Les Falaises ». “Au théâtre quand je joue, j’ai le sentiment de jouer l’autre, je joue à sa place et pour lui. Me voilà porte voix. En écrivant du théâtre, et plus particulièrement un théâtre qui s’adresse à tous, enfants et adultes, j’ai cette même impression. Me voilà porte-plume…”

Il est également auteur associé au Théâtre Nouvelle Génération de Lyon et anime à Paris et en province, des ateliers « d’écriture dynamique » pour les enfants et pour les adultes.


De sa première passion, la danse jazz, elle garde l’énergie et le swing. Mais c’est véritablement sa rencontre avec la danse contemporaine qui détermine son parcours : les classes Cunningham à l’American Center de Paris, les cours Limon chez Peter Goss, du Graham avec Georges Tugdual, mais aussi les cours de danse à claquettes. Ce sont également les « vertiges théâtraux », la MC de Bobigny, Meredith Monk, Bob Wilson, Trisha Brown, le Théâtre de la Ville, Pina Bausch, Jean-Claude Galotta, encore Merce Cunningham, le Théâtre du Mouvement d’Yves-Marc et Claire Haeggen…

En 1983, elle rencontre Viola Farber au Centre National de Danse Contemporaine d’Angers. C’est incontestablement auprès d’elle que Michèle a appris l’exigence de la danse. Au cours de son parcours de formation se trouvent des compagnonnages et des rencontres plus fugaces et fulgurantes : Marcie Rapoport, Dominique Petit, Anne Koren, Didier Deschamps, Janet Panetta, Sarah Sugihara…

En 1985, un deuxième séjour américain lui permet de retrouver l’incroyable tonicité du milieu de la danse newyorkais, et c’est à son retour que Michèle Dhallu fonde Carré Blanc Cie. Depuis elle poursuit une écriture chorégraphique théâtralisée, physiquement très engagée, qui cherche sa raison d’être au plus intime de la personnalité des interprètes. La notion de « spectacle » lui importe au plus haut point même si la danse reste son médium d’expression privilégié, voici pourquoi elle cherche à bousculer les codes et barrières entre les champs artistiques, pour y saisir émotion, poésie, humour et surtout humanité.

Depuis 1992, elle chorégraphie également pour l’enfance, persuadée de l’exigence de ce public et de son adéquation profonde avec la danse.


Fondée en 1986, Carré Blanc Cie, dirigée par la chorégraphe Michèle Dhallu, a à son actif 20 créations. La compagnie s’adresse prioritairement à l’enfance et favorise le métissage des expressions artistiques. Entrelaçant la danse avec le théâtre visuel, d’objets, de marionnettes, la musique ou les arts du cirque, les spectacles mettent leurs vocabulaires respectifs au service de l’émotion, de l’onirisme, de la poésie et de l’humour.


Une enfant demande à un bûcheron d'abattre le dernier arbre qu'il n'a pas coupé pour tailler dans son bois un nouveau corset, seule façon de remédier à son handicap et de la maintenir en vie. L'homme refuse de rompre et l'arbre et son ancienne promesse ... Une situation aux frontières de l'étrange pour mieux mettre en reliefla relation à l'autre, la responsabilité de l'adulte face à l'enfant et le rapport qui s'inverse parfois. En adaptant le texte de Stéphane Jaubertie, la chorégraphe Michèle Dhallu met en scène la confrontation, l'affrontement des deux personnages, accompagnés d'une "Présence", double ou témoin - musicienne sur le plateau-, en composant un propos théâtral, chorégraphique et musical. La danse est énergique, ardente ; l'interprétation, puissante et époustouflante. Télérama