The Square

FILM SUÉDOIS DE RUBEN ÖSTLUND (2017 - 2H22)
AVEC CLAES BANG, ELISABETH MOSS, DOMINIC WEST
PALME D'OR - CANNES 2017

Christian est un père divorcé qui aime consacrer du temps à ses deux enfants. Conservateur apprécié d’un musée d’art contemporain, il fait aussi partie de ces gens qui roulent en voiture électrique et soutiennent les grandes causes humanitaires. Il prépare sa prochaine exposition, intitulée « The Square », autour d’une installation incitant les visiteurs à l’altruisme et leur rappelant leur devoir à l’égard de leurs prochains. Mais il est parfois difficile de vivre en accord avec ses valeurs : quand Christian se fait voler son téléphone portable, sa réaction ne l’honore guère… Au même moment, l’agence de communication du musée lance une campagne surprenante pour The Square : l’accueil est totalement inattendu et plonge Christian dans une crise existentielle.

HORAIRES

mercredi : 16h / 18h30 / 21h
jeudi : 20h45
vendredi : 18h30 / 21h
samedi : 16h / 18h30 / 21h
dimanche : 16h / 18h30
mardi : 16h / 18h30 / 21h

mercredi : 16h / 20h45
jeudi : 16h / 20h45
vendredi : 18h15
samedi : 15h / 17h30
dimanche : 16h
mardi : 16h / 20h45

mercredi : 17h30 / 20h45
jeudi : 20h30
vendredi : 20h30
samedi : 20h30
dimanche : 18h30

vendredi : 20h45
samedi : 15h / 17h30
mardi : 18h D

L'IMMANQUABLE

Une chose est claire au sujet de Ruben Östlund, réalisateur suédois de 43 ans récompensé par une Palme d´Or dès son cinquième long métrage : il a la haine. La haine contre l´état du monde contemporain. Il décrit The Square comme « une allégorie de notre société. Où il semble que nous devenons de plus en plus individualistes et de moins en moins tentés de nous sentir responsables des autres, considérés comme une menace ». En 2014, dans Snow Therapy, il mettait en scène un père qui abandonnait femme et enfants face à une avalanche mais n´oubliait pas de sauver son téléphone portable. Le pauvre bougre, dévoré par la culpabilité, passait le reste du film à chercher une façon de se racheter. Ruben Östlund est cruel mais il manifeste de l´affection pour ses personnages qui ne sont pas si mauvais, simplement emprisonnés dans l´image qu´ils ont construit d´eux même pour « réussir » dans la vie familiale ou professionnelle. Et voilà Christian, le personnage central de The Square : divorcé, deux enfants, conservateur d´un grand musée d´art contemporain. Élégant dans ses costumes bien taillés, Christian habite un loft, roule en voiture électrique et soutient les grandes causes humanitaires. Il prépare sa prochaine exposition autour d´une installation incitant les visiteurs à l´altruisme et à la fraternité avec les exclus. Vous devinez que le réalisateur va le passer à la moulinette. Sans réelle méchanceté et avec un humour irrésistible, il va mettre à jour l´hypocrisie de son existence. Le ridicule ne tue pas, il fait tomber les masques. Et derrière les masques, il y a les instincts, les peurs infantiles et cette forme primitive de rapport à l´autre, de confiance sans calcul. Ce que recherche Ruben Östlund (qui se revendique marxiste), c´est un soulèvement intérieur mené par ce qu´il nous reste d´humanité sous le vernis des conventions sociales, la pression de la compétition libérale, l´appareillage technologique. Une quête parfaitement illustrée par cette séquence inoubliable où un comédien se livre à une performance sauvage au milieu des convives tellement civilisés du vernissage de l´exposition. à l´image du film, cette séquence suscitera certainement un trouble chez le spectateur, l´invitera à questionner son propre rapport à l´autre. C´est l´objectif du réalisateur : « Je suis fou de joie lorsque quelqu´un me dit qu´il a passé la nuit entière à discuter de mon film avec des amis, car cela signifie que ce dernier a amorcé un changement qui ne se cantonne pas qu´à la salle de cinéma ».


PRESSE

Quelle mise en scène brillante ! Chaque plan est une composition rigoureuse jouant sur le champ et le hors-champ, où le cinéaste suédois explore les rapports tendus entre nature et culture, entre dominants et dominés. Télérama
Autour du comédien danois Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West, ainsi que le jeune et stupéfiant Elijandro Edouard, composent une affiche impressionnante, tous faisant la démonstration d’un jeu singulièrement affûté – une des grandes réussites du film. La Croix
Le grinçant Ruben Östlund privilégie le plan-séquence, étirant les scènes jusqu’au malaise jusqu’à parfois évoquer le Paul Thomas Anderson de Punch-Drunk Love. L’art de la comédie à son paroxysme ! La Voix du Nord
Cette nouvelle fable réjouissante vise ainsi la cible favorite de cet auteur scandinave émule de Buñuel : la bourgeoisie (dont il est issu) et à travers elle, bien sûr, les ambiguïtés du fameux "modèle suédois". Sauf qu'elle le fait d'une manière plus ample qu'auparavant. Ici, Ruben Östlund repousse en effet les limites de la performance artistique... comme celles de la morale. C'est dire si "The Square" est percutant (...). Positif
Cette chronique à l’humour tantôt grinçant tantôt absurde dépeint avec un réalisme saisissant le monde fascinant de l’art contemporain, des installations énigmatiques aux énoncés abscons aux performances qui provoquent le malaise voire dégénèrent carrément, en passant par les pique-assiette de vernissage, le tout rythmé par un Avé Maria entêtant. Le Journal du Dimanche