Le Musée des merveilles

Wonderstruck

FILM AMÉRICAIN DE TODD HAYNES (2017-1H57)
AVEC OAKES FEGLEY, MILLICENT SIMMONDS, JULIANNE MOORE
D’APRÈS LE ROMAN DE BRIAN SELZNICK
SÉLECTION OFFICIELLE, CANNES 2017

Le Musée des merveilles suit sur deux époques distinctes les parcours de Ben et Rose. Ces deux enfants souhaitent secrètement que leur vie soit différente ; Ben rêve du père qu'il n'a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d'une mystérieuse actrice. Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère l’indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York.

HORAIRES

mercredi : 20h45
samedi : 16h / 20h45
dimanche : 16h
mardi : 18h30

mercredi : 18h30
jeudi : 18h30
vendredi : 20h45
mardi : 16h D

L'IMMANQUABLE

Le Musée du titre français c’est le Muséum américain d'histoire naturelle de New-York qui va se trouver au coeur de l’intrigue du film. Mais le titre original, Wonderstruck (littéralement « frappé d’émerveillement »), est bien plus juste pour qualifier la dernière oeuvre de Todd Haynes. Le cinéaste de 56 ans est déjà parvenu à nous émerveiller avec le sublime Loin du Paradis, avec l’expérimental I'm not there, biographie fantasmée de Bob Dylan dans laquelle six comédiens incarnent différentes étapes de la vie du musicien ou encore avec Carol, bouleversant récit d’un coup de foudre homosexuel récompensé d'un prix d'interprétation à Cannes. En adaptant un roman de Brian Selznick (l'auteur d'Hugo Cabret), le réalisateur se tourne cette fois vers les merveilles du monde de l’enfance. Le film suit les parcours parallèles de deux enfants d’une dizaine d’années réunis par un même handicap : en 1927, Rose est sourde de naissance et en 1977, Ben perd l'audition après un accident. Tous deux en quête d’amour parental, ils vont s’enfuir vers New York, à cinquante ans d’intervalle... Todd Haynes commente : « les héros sont des personnages esseulés, cherchant à surmonter leur solitude, comme souvent chez moi. Mais c’est un drôle de film, je vous l’accorde. Hybride et étrange. Un film qui sort de l’imagination de quelqu’un qui écrit des livres pour la jeunesse et qui ne ressemble à aucun autre film. » Le spectateur navigue ainsi entre l’univers en noir et blanc d’une fillette passionnée de films muets et celui d’un garçon rebelle rythmé par la musique des années 70 (dont le fameux Space Oddity de David Bowie). Le réalisateur explique : « Il y a ces deux destins parallèles qui finissent par se rejoindre, donc en ce sens on peut sans doute parler de quelque chose de mystique, de cosmique. Mais pas magique, non. C’est différent. Parce que le film est aussi une réflexion sur le temps, sur la façon dont on le perçoit, dont on essaye de l’encapsuler, dans des musées par exemple, pour tenter de combattre la mort, la douleur de la perte. » Todd Haynes dirige une nouvelle fois Julianne Moore mais ce sont bien les enfants qui portent le film. Millicent Simmonds, actrice débutante et véritable malentendante, est une petite merveille.


PRESSE

Une merveille de film interprété par une actrice deux fois merveilleuse. Marianne
Une plongée émouvante au cœur d’un New York entre réalité et fantasme. Libération
Jamais Todd Haynes n'aura joint à ce point le trajet d'une vie au tracé de l'histoire du cinéma. Les Inrockuptibles
"Wonderstruck", le titre original, signifie "émerveillé". C’est risqué, présomptueux, mais le film le porte très bien. Télérama
Il n’y a pas d’autres effets spéciaux que ceux qui sont nés de l’esprit du bricoleur délicat qu’est Todd Haynes, et pourtant, ce film est plus magique que ceux qui ont mobilisé des ordinateurs gros comme ceux du Pentagone. Le Monde
Prétexte partiel pour faire alterner les prémices du cinéma muet avec l’ère funky, ce double mystère recèle une réflexion mélancolique sur le passé, que le cinéaste fétichise avec ses reconstitutions manucurées et ses maquettes bricolées. Il en sourd une lancinante émotion. L'Humanité
Double reconstitution historique, "Le Musée des merveilles" est aussi une grande aventure cosmique. Positif
Mi-conte pour enfants, mi-mélo pour grands, "Le Musée des merveilles" est une lettre d'amour à New York, une ode à la transmission, à la vivacité du patrimoine culturel, aux petites vies qui font la grande Histoire et à Julianne Moore, la muse du cinéaste. Le Nouvel Observateur
Si l’on veut bien admettre que le cinéma ressemble à un cabinet de curiosités, où le spectateur est envoûté par ce qu’il ne s’attendait pas à découvrir, la nouvelle réalisation de Todd Haynes l’enchanteur se hisse à la hauteur de son titre. Son labyrinthe, qui serpente au milieu d’un passé figé, est un musée des merveilles. La Croix