L'IMMANQUABLE DU MOIS

18 > 24 AVRIL

The Rider

FILM AMÉRICAIN DE CHLOÉ ZHAO (2017-1H45)

Née en Chine, immigrée aux États-Unis et passée par l’université de cinéma de New-York, Chloé Zhao s’est faite connaître en 2015 avec son premier film Les chansons que mes frères m'ont apprises, tourné au cœur d’une réserve indienne et sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes. À l’époque, elle déclarait : « Il y a si peu d'argent pour les cinéastes indépendants que la prise de risque n'est plus possible. (…) Mais je suis un cas extrême. Je suis chinoise, je suis jeune, je suis une femme, mon film parle des Indiens de Pine Ridge, n'est interprété que par des non-professionnels et n'a pas une histoire spécialement bien ficelée. En fait, je corresponds à toutes les formes de risque qu'il faut éviter ! » En 2017, son deuxième film est récompensé à Cannes et à Deauville sans que la jeune réalisatrice n’ait renoncé à sa ligne artistique. The Rider est né de sa rencontre avec Brady Jandreau, un dresseur de chevaux sauvages membre d’une tribu sioux : « Il était tellement doué avec les chevaux que j’ai tout de suite pensé à monter un film autour de lui, même si je ne savais pas encore quelle histoire je voulais raconter. C’est alors qu’en avril 2015, Brady a reçu un coup de sabot en pleine tête. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire (et contre l’avis des médecins), il essayait déjà de se remettre en selle. C’est là que j’ai su que je tenais mon histoire, celle d’un jeune garçon prêt à mettre sa vie en danger pour rester fidèle à l’idée qu’il se fait de son identité. » Avec une équipe et des financements réduits, Chloé Zhao s’est aussitôt replongée dans les paysages sublimes du Dakota pour filmer l’histoire vraie de Brady sous la forme d’une fiction dans laquelle les protagonistes tiennent tous leurs propres rôles : Tim, le père, un cowboy traditionnel qui a transmis à son fils tout ce qu’il sait ; la petite sœur, Lilly, atteinte du syndrome d’Asperger ; le copain, paralysé depuis un accident de rodéo... « À travers le voyage de Brady, tant à l’écran que dans la vie, j’aspire à explorer notre culture de la masculinité et à offrir une version plus nuancée du cowboy américain classique. Je souhaite également proposer un portrait fidèle du cœur de l’Amérique, rocailleux, véritable et de toute beauté, que j’aime et je respecte profondément. » Après America, le saisissant documentaire de Claus Drexel présenté le mois dernier, un autre visage de l'Amérique est à découvrir sur l'écran de DSN , celui, aussi inattendu que bouleversant, d'un cowboy d'origine amérindienne. (+ d'infos)