L'IMMANQUABLE DU MOIS

20 DÉCEMBRE > 2 JANVIER

Le Musée des merveilles

FILM AMÉRICAIN DE TODD HAYNES (2017-1H57)
SÉLECTION OFFICIELLE, CANNES 2017

Le Musée du titre français c’est le Muséum américain d'histoire naturelle de New-York qui va se trouver au coeur de l’intrigue du film. Mais le titre original, Wonderstruck (littéralement « frappé d’émerveillement »), est bien plus juste pour qualifier la dernière oeuvre de Todd Haynes. Le cinéaste de 56 ans est déjà parvenu à nous émerveiller avec le sublime Loin du Paradis, avec l’expérimental I'm not there, biographie fantasmée de Bob Dylan dans laquelle six comédiens incarnent différentes étapes de la vie du musicien ou encore avec Carol, bouleversant récit d’un coup de foudre homosexuel récompensé d'un prix d'interprétation à Cannes. En adaptant un roman de Brian Selznick (l'auteur d'Hugo Cabret), le réalisateur se tourne cette fois vers les merveilles du monde de l’enfance. Le film suit les parcours parallèles de deux enfants d’une dizaine d’années réunis par un même handicap : en 1927, Rose est sourde de naissance et en 1977, Ben perd l'audition après un accident. Tous deux en quête d’amour parental, ils vont s’enfuir vers New York, à cinquante ans d’intervalle... Todd Haynes commente : « les héros sont des personnages esseulés, cherchant à surmonter leur solitude, comme souvent chez moi. Mais c’est un drôle de film, je vous l’accorde. Hybride et étrange. Un film qui sort de l’imagination de quelqu’un qui écrit des livres pour la jeunesse et qui ne ressemble à aucun autre film. » Le spectateur navigue ainsi entre l’univers en noir et blanc d’une fillette passionnée de films muets et celui d’un garçon rebelle rythmé par la musique des années 70 (dont le fameux Space Oddity de David Bowie). Le réalisateur explique : « Il y a ces deux destins parallèles qui finissent par se rejoindre, donc en ce sens on peut sans doute parler de quelque chose de mystique, de cosmique. Mais pas magique, non. C’est différent. Parce que le film est aussi une réflexion sur le temps, sur la façon dont on le perçoit, dont on essaye de l’encapsuler, dans des musées par exemple, pour tenter de combattre la mort, la douleur de la perte. » Todd Haynes dirige une nouvelle fois Julianne Moore mais ce sont bien les enfants qui portent le film. Millicent Simmonds, actrice débutante et véritable malentendante, est une petite merveille. (+ d'infos)