Partition(s)

  • DANSE
  • JEUDI 24 NOVEMBRE
  • 20H
  • GRANDE SALLE
  • DURÉE ESTIMÉE : 1H
  • TARIF A
  • RÉSERVER

CONCEPTION FRÉDÉRIKE UNGER ET JÉRÔME FERRON

COMPAGNIE ÉTANTDONNÉ CRÉATION / COPRODUCTION DSN

 

Quoi de plus musical que des oeuvres de Mozart, quoi de plus académique qu’un justaucorps, de plus décalé qu’une danse de tribu dans cet environnement ?

Quand et comment fait-on tribu ? Comment amener une tribu à l’unisson en préservant les identités qui la composent ?
Frédérike Unger et Jérôme Ferron ont choisi d’aborder cette notion, et plus précisément d’examiner la question de la liberté qu’elle induit. Pour l’occasion, la tribu étandonné a choisi Mozart, ses airs et ses oeuvres si connues qu’on ne les lui attribue pas toujours.
Premier signe de reconnaissance : les costumes. Des académiques, comme on dit entre danseurs, des justaucorps qui épousent le corps et permettent tous les mouvements ; ceux-là ressemblent à des tatouages, à des parures ou à des trompe l’oeil, transformant parfois les gestes des danseurs en parades animales.
Deuxième point de ralliement : le territoire. Le plateau, et ses perspectives, reliefs qui apparaissent et disparaissent au gré des mouvements des danseurs.
Enfin, la raison de la constitution de cette tribu : le plaisir de donner un spectacle de danse, de faire passer les réflexions à une autre tribu, celle des spectateurs.

DISTRIBUTION

Conception et réalisation Frédérike Unger et Jérôme Ferron • Interprètes Alexandre Galopin, Solène Hérault, Rémi Leblanc-Messager et Frédérike Unger • Musique Wolfgang Amadeus Mozart. Création lumière Frank Guérard. Habillage graphique Peters Bernard. Costumes Jennifer Lebrun.


Production Compagnie étantdonné Coproductions Le Phare / Centre Chorégraphique National du Havre, DSN – Dieppe Scène Nationale. Soutiens Pacifique / CDC de Grenoble, La Briqueterie / CDC du Val de Marne et la Chapelle Saint Louis à Rouen. La Cie étantdonné reçoit l’aide aux Compagnies Chorégraphiques par le Ministère de la Culture/DRAC Haute-Normandie, est conventionnée par la Région Haute-Normandie et la Ville de Rouen, et subventionnée par le Département de la Seine-Maritime

© photo : Jérôme Ferron

Site de la compagnie

AUTOUR DU SPECTACLE

JEUDI 24 NOVEMBRE, BAR DE DSN

SCÈNE OUVERTE

Avant le spectacle, scène ouverte à la classe de flûtes et chant (autour de Mozart) du Conservatoire à Rayonnement Départemental Camille Saint-Saëns. [+]

Tous les ingrédients sont là, les rituels, les aventures, le rythme des jours et des saisons, les jeux, la survie et la mort. La nonchalance se dispute à l’énergie d’une vie au diapason de cette « biosphère » éphémère. Les références affleurent, puisque la danse a de l’expérience, et se transforment en un prélude à l’après-midi d’une faune où la musique est savane, l’académique fourrure et le baroque naturel. La partition devient instinct. La métaphore animalière s’arrête là. Il s’agit bien de danseurs sur scène qui donnent à voir une écriture chorégraphique. Frédérike Unger et Jérôme Ferron, Chorégraphes

La collaboration avec la compagnie étantdonné, où le travail sur les signes, fixes et en mouvement, sera développé à la fois sur les costumes et la scénographie, en résonance avec le son et le mouvement. Depuis les formes naturelles, transformées par les mystères de la géométrie humaine en signes rituels, en pictogrammes, hiéroglyphes puis alphabets, la compréhension s’est faite à la fois logique et magique. En contrepoint avec la musique, en saturation ou épure visuelle, le motif – symbolique ou simple rythme décoratif – sera une peau supplémentaire de cet organisme étrange qu’est un spectacle vivant. Peters Bernard, Graphiste

une histoire de point de vue
Depuis notre première création (2000), notre ambition est de rendre sensibles les idées. Le processus de création naît toujours du désir d’interroger une notion, de la questionner pour ensuite trouver le chemin qui permette au spectateur de la « réfléchir ». C’est le départ, le fil conducteur de la construction de l’oeuvre. Ainsi nous intégrons le contexte dans lequel l’oeuvre s’inscrit, c’est-à-dire l’évènement avant l’objet, sûrs que l’oeuvre n’existe que lorsqu’elle se donne à voir, il nous importe que le spectateur sente qu’elle est autant dans son regard que sur la scène. Notre travail d’écriture tend tout entier vers cette ambition. Avec Partition(s), nous abordons la notion de liberté à l’intérieur d’une tribu (au sens sociologique du terme)

la danse
Le travail avec les interprètes commence par l’élaboration de ce langage commun qui pour autant respecte l’individualité de chacun. Dans cette perspective, nous prenons appui sur des textes d’Alfred de Musset et de Marivaux. La dramaturgie nous offre aussi bien une société en action que des relations exacerbées par les sentiments entre les personnages. Le texte n’est pas présent dans la pièce, il est un sous-texte gestuel qui nait des intentions des personnages et permet à chaque danseur de proposer sa propre interprétation. Vient ensuite l’écriture chorégraphique proprement dite qui permet de déterminer l’unisson de cette tribu tout en préservant les identités qui la composent.

le corps et son habit
Leurs tenues sont à la fois une réflexion sur les signes qui permettent aux membres d’une même tribu de se reconnaitre et son appropriation individuelle, mais aussi sur la perception du spectateur qui a conscience d’être à un « spectacle de danse ». Le tatouage nous interpelle par sa contradiction. Il n’habille que le corps nu. La référence historique dans l’histoire de la Danse de « l’académique » nous amuse, autant que la propension de certaines tenues à vouloir se fondre dans l’environnement ou à s’inspirer des éléments naturels qui les entourent. C’est ici qu’intervient en partie notre collaboration avec le graphiste Peters Bernard qui invente pour nous des motifs destinés aux « académiques tatouage ».

la musique
Il n’y a pas de tribu hors d’un environnement. Il s’agit bien ici d’une tribu de danseurs et la musique est leur environnement. Plus spécifiquement la musique de Mozart car le spectateur reconnait ses oeuvres sans forcément les connaitre. Notre ambition est de pousser à redécouvrir certaines oeuvres connues, tellement connues que nous perdons parfois notre capacité à les écouter pour ce qu’elles sont. Nous souhaitons réveiller nos oreilles et notre écoute en jouant avec elles et, encore une fois, réinterroger par ce biais ce que nous croyons savoir.

l’espace
Si Mozart est l’environnement, la végétation de cette tribu, il y a aussi un relief géographique. Le relief du danseur, c’est la scène. Il n’y aura donc comme décor que les éléments scéniques, le plateau, les pendrillons, les frises, les projecteurs et haut-parleurs. A nouveau, le travail de Peters Bernard traite ces à-plats. Inspiré des tapis et tapisseries ou papiers peints qui donnent du relief à nos murs, il s’agit d’explorer la tache et le motif qui impliquent la notion d’intervalle et abolissent la ligne pour restituer la surface.

du sens à la forme
Le sens naît et prend forme de l’interaction de tous ces éléments. Nous souhaitons que le spectateur soit fasciné comme devant un aquarium, à la fois absorbé par le spectacle et nécessairement exclu de la scène qui se joue devant lui . L’écriture chorégraphique et la mise en scène sont organisées de manière cinématographique, guidant le regard vers une main qui se pose sur une épaule alors que tant d’autres choses se donnent à voir. Ce sont des danseurs sur scène, en académiques, vivants à l’intérieur de Mozart, qui apparaissent et disparaissent, passent en pleine lumière ou se camouflent. Ils s’amusent, ils se font la cour, ils s’accouplent et meurent aussi. Ils ne s’en rendent pas compte. C’est le spectateur qui le voit car la liberté, elle, est là, dans le regard de celui qui imagine, qui s’évade devant le spectacle. Notre travail est de le rendre fascinant.

Frédérike Unger et Jérôme Ferron sont interprètes, chorégraphes et directeurs artistiques de la Cie étantdonné. Ils vivent et travaillent à Rouen. De formation classique et contemporaine, à Paris et au CNSMD de Lyon, ils participent à la diversité des propositions chorégraphiques des années 90 au travers de leurs parcours d’interprètes respectifs. Frédérike Unger, au sein du Jeune Ballet de France travaille sous la direction de Susan Buirge, Claude Brumachon, Murray Louis, Nadine Hernu, puis d’Anna Ventura et de Luc Petton /Cie Le Guetteur. Jérôme Ferron, au sein du CCN de Roubaix, collabore aux créations de Maryse Delente et de Christiane Blaise puis aux créations de la Cie Les Caryatides/ Cyril Viallon et de la Cie Thierry Thieu Niang.

En 1997, Frédérike Unger et Jérôme Ferron, créent la Cie étantdonné. Leur première chorégraphie est récompensée du 1er prix des concours chorégraphiques de Sens et de Pontoise, plus tard en 2010 ils sont lauréats du concours « (Re)connaissance » avec la pièce Imago, co-produite par le Centre Nationale de la Danse et parrainée par Micadanses/Paris. L’association de Frédérike Unger et Jérôme Ferron s’illustre par la création de 15 pièces dont 6 au répertoire actuellement. Outre cette double direction, la Cie présente la particularité de proposer des oeuvres Tout Public ainsi qu’à destination du Jeune Public, dans un seul et même but: proposer une expression sensible des idées.

Depuis Papotages, pièce fondatrice, qui tourna pendant 11 saisons, les créations se suivent . D’Opus 1, création de 4 heures pour 9 interprètes, qui aborde l’idée de la contemplation dans le festival Normandie Impressionniste, à Showcase Trilogy pièce soutenue durant ses trois ans de création par le Festival Automne en Normandie et programmée aux Hivernales à Avignon en 2008, ou encore ZigZag et Vassilissa, soli à partager en famille à partir de 3 ans, la diversité des propositions et des diffusions est conséquente, jusqu’à la création 2014, Les Noces, jouée sur la scène de l’Opéra de Rouen, là où 25 ans plus tôt Frédérike et Jérôme s’étaient rencontrés.

De l’idée pure à l’analyse jusqu’a la réalisation d’un projet, chacune des oeuvres de la Cie étantdonné est le fruit de l’alliance de ces deux auteurs. Dans une démarche de création très référencée, aux inspirations diverses, le plaisir de Frédérike Unger et Jérome Ferron, dans ces réutilisations, se situe dans la production de décalages, toujours enclins à questionner le point de vue et la distance entre le spectateur et l’oeuvre, à la manière des Ready-Made de Marcel Duchamp.

Née en 1997 de l’association et de la complémentarité de Frédérike Unger et Jérôme Ferron, la Cie étantdonné leur permet d’exprimer leurs objectifs de création et de proposer « une expression sensible des idées ». Depuis lors, la Cie s’investit de façon parallèle et complémentaire dans la création Tout Public et la création Jeune Public. Le travail de création de Frédérike Unger et de Jérôme Ferron s’appuie sur des inspirations diverses, de l’histoire de la Danse et du Ballet, à la littérature, en passant par l’histoire de l’Art et les partitions mythiques de la musique savante et contemporaine. Ces références s’inscrivent au coeur d’ une multitude d’éléments porteurs de sens, nourrissant l’ imaginaire et la réflexion des auteurs et du spectateur. Elles sont convoquées, après maturation, pour accompagner la pensée et les concepts, principaux sujets des oeuvres, comme la Beauté, le Temps, la Vacuité, l’Absurde, Le Désir, la Liberté...Le lien entre la pensée en oeuvre et les corps donnés à voir sur un plateau se doit d’être ludique, et d’apparaître comme tel au spectateur. Les corps en jeu sont aussi ceux du public, ils vibrent ensemble, réfléchissent ensemble, jouent ensemble, comme lors d’une partie d’échecs.

L’identité de la Cie s’est aussi construite sur une large ouverture artistique en collaboration avec des artistes nationaux et internationaux comme Mathieu Boogaerts, Vincent Fortemps ou Peters Bernard. La Cie revendique son implantation régionale marquée par l’engagement constant et pérenne des partenaires institutionnels avec les conventionnements de la Région Haute-Normandie du Ministère de Culture et de la Communication DRAC/ Haute-Normandie et de la Ville de Rouen, les aides à la création du Département de la Seine-Maritime et de l’aide régulière de l’ODIA Normandie. Elle bénéficie d’une envergure nationale et internationale se traduisant par des coproductions extra-régionales et une présence remarquée dans les évènements chorégraphiques de renom. Ainsi la Cie étantdonné est présente dans tous les réseaux de diffusion, des scènes nationales aux théâtres municipaux, des festivals de renom aux évènements locaux et sur les territoires ruraux.

La Cie étantdonné est lauréate du Grand Prix Mimos en 2005, 1er Prix du Jury du concours (Re)connaissance en 2010 et finaliste du Prix de l’Audace Artistique et Culturelle en 2013 pour son projet d’actions auprès d’écoles en région Auvergne.