Hommage EMMANUELLE RIVA

Paris pieds nus

FILM FRANÇAIS DE DOMINIQUE ABEL ET FIONA GORDON (2015-1H23)
AVEC DOMINIQUE ABEL, FIONA GORDON, EMMANUELLE RIVA, PIERRE RICHARD

Fiona, bibliothécaire canadienne, débarque à Paris pour venir en aide à une vieille tante qui refuse d’être placée en maison de retraite. En arrivant, elle perd ses bagages. Ce n’est que la première catastrophe d’une longue série. Sa rencontre avec Dom, un sympathique clochard un peu collant, ne va pas arranger les choses…

L'IMMANQUABLE (JANVIER 2017)

Au début des années 80, le Belge Dominique Abel rencontre la Canadienne Fiona Gordon. C’est le coup de foudre. Le couple Abel et Gordon se forme et le duo comique Fiona et Dom se lance sur les planches. Inspirés par les pionniers du cinéma muet, ils créent quatre spectacles burlesques puis passent naturellement au cinéma. L’Iceberg en 2005, Rumba en 2007 et La Fée, tourné entièrement au Havre en 2011, imposent leurs silhouettes dégingandées et leur comique très physique. Si on les rapproche volontiers de Buster Keaton ou de Laurel et Hardy, ils se définissent avant tout comme des clowns : « Le clown, explique Dominique Abel, représente un être démuni, dans un monde qui le domine, un être trop lent dans un monde où il faut être rapide, un être avec un physique ingrat dans un monde où tout le monde doit être beau. (…) On cherche beaucoup cette simplicité-là avec les gens, dans l’humour. Comme au théâtre où on a le public en face, on joue pour eux, et on tient compte de leur présence. Ça, on veut le garder dans le cinéma. On se montre nous deux maladroits et fragiles, et si les gens rient c’est par identification, ils rient en se reconnaissant dans notre bêtise. ». Avec Paris pieds nus, les deux comédiens passent un cap en assumant pleinement la mise en scène, sans la collaboration de leur complice habituel, le réalisateur Bruno Romy. Ils ne changent pas de conception du cinéma pour autant : l’histoire est une simple trame qu’ils utilisent pour déployer leurs grands corps dans un espace toujours trop petit, pour se moquer de l’absurdité de la vie moderne, exalter la poésie du quotidien et la tendresse des relations humaines. Fiona, bibliothécaire canadienne, débarque à Paris pour venir en aide à une vieille tante qui refuse d’être placée en maison de retraite. En arrivant, elle perd ses bagages. Ce n’est que la première catastrophe d’une longue série. Sa rencontre avec Dom, un sympathique clochard un peu collant, ne va pas arranger les choses… Grâce à la participation d’Emmanuelle Riva (magnifique en mamie déboussolée) et de Pierre Richard (si évident dans leur univers), Paris pieds nus inscrit un peu plus ce couple d’artistes modestes et attachants dans la grande Histoire du septième Art. Mais c’est surtout l’occasion pour Abel et Gordon de crier encore une fois sur tous les toits : « Fiona et Dom sont amoureux ! ».

HORAIRES

23 > 29 AOÛT

mercredi : 18h45
vendredi : 18h45
mardi : 18h45 D

HOMMAGE EMMANUELLE RIVA

COMÉDIENNE FRANÇAISE (1927 – 2017)

« Il y a une très grande joie de sentir qu'on échappe à soi-même pour aller on ne sait pas où. On dit “Entrer dans la peau du personnage ”, cela a l'air un peu bébête, mais en fait c'est assez ça, avec toute la chair et l'esprit et le coeur. » Emmanuelle Riva

PRESSE

C’est toujours infiniment poétique et gentiment brinquebalant, avec une foule de gags superbes et gracieux. Le ton amusé, mais au fond grave, oscille entre Tati et Kaurismäki. L'Humanité
il est indéniable que le cinéma d’Abel et Gordon possède au moins une qualité primordiale. Parce qu’ils sont des burlesques, ils se concentrent constamment sur l’essentiel : la conscience du cadre, le rythme de chaque plan, les postures des corps. Et il est de plus en plus rare de voir des films qui tentent d’avoir au moins une idée par plan. Libération
Un peu déconcertante pour le profane, cette fable regorge de gags savoureux. Difficile de ne pas éprouver de la sympathie pour la douce folie de ces clowns. Conviant Emmanuelle Riva et Pierre Richard, ils signent un film aussi tendre que créatif qui se déguste comme une madeleine de Proust. Le Journal du Dimanche
Le retour inattendu du duo irrésistible de L’iceberg et La Fée dans un Paris décalé, magnifié par le génie burlesque des cousins de Jacques Tati. aVoir-aLire.com