L'IMMANQUABLE

Orpheline

FILM FRANÇAIS D’ARNAUD DES PALLIÈRES (2016 - 1H51) logo audiodescription
AVEC ADÈLE EXARCHOPOULOS, ADÈLE HAENEL, GEMMA ARTERTON

Portrait d’une femme à quatre âges de sa vie. Petite fille de la campagne, prise dans une tragique partie de cache-cache. Adolescente ballottée de fugue en fugue, d’homme en homme. Jeune provinciale qui monte à Paris et frôle la catastrophe. Femme accomplie enfin, qui se croyait à l’abri de son passé. Quatre actrices différentes incarnent une seule et même héroïne dans un thriller vertigineux.

L'IMMANQUABLE (AVRIL 2017)

Alors qu’il a déjà une dizaine de courts et trois longs métrages à son actif, ce n’est qu’en 2013 que le grand public découvre Arnaud Des Pallières avec la sélection au festival de Cannes de Michael Kohlaas. Ce « western au XVIe siècle » (selon sa coscénariste Christelle Berthevas) porté par l’impérial Mads Mikkelsen démontrait la maîtrise d’un réalisateur de cinquante ans sachant allier le pur spectacle cinématographique à une profonde réflexion sur la condition humaine. Avec Orpheline, Arnaud Des Pallières confirme ce talent en réalisant un thriller vertigineux sur la féminité à partir des écrits autobiographiques de Christelle Berthevas. Pour brosser « un portrait de femme aussi riche et complexe que possible », il décide de confier quatre fragments de la vie d’une même femme à quatre actrices différentes. La petite inconnue Vega Cuzytek interprête Kiki, une enfant prise dans une tragique partie de cache-cache, l’espoir Solène Rigot joue Karine, une adolescente ballottée d’homme en homme, Adèle Exarchopoulos (la révélation de La Vie d’Adèle) est Sandra, une jeune femme embarquée dans une sombre affaire sur un champ de courses et l’étoile montante Adèle Haenel se glisse dans la peau de Renée, une femme accomplie qui va être rattrapée par son passé. Enfin, par ses passés devrait-on dire... Arnaud Des Pallières explique : « Plutôt que de vouloir faire des films pour tous, je désire faire un film pour chacun. Orpheline est une sorte de portrait cubiste. Offrant, je l’espère, autant de points de vue possibles que de spectateurs. Faire un film, c’est comme bâtir une maison pour le spectateur. Le plus souvent, la maison n’a qu’une porte – le personnage principal – que le spectateur suit du début à la fin, et auquel il s’identifie. Dans Orpheline, j’en ai disposé quatre. Certains s’attacheront à la petite fille, faisant d’elle le centre autour duquel l’histoire se déploie, d’autres l’adolescente en fugue, ou la jeune provinciale débarquant à Paris, ou la femme adulte qui attend un enfant. (…) Le film est conçu pour toucher le spectateur au plus intime parce qu’il exige de lui qu’il en devienne co-auteur. ». Les réactions lors de l’avant-première organisée à DSN ont prouvé que le pari était largement gagné. Emballés, bouleversés ou bousculés, les premiers spectateurs ont débattu entre eux et interrogé les auteurs jusque tard dans la nuit. Chacun apportant sa vision personnelle, son intime conviction sur le(s) personnage(s). C’est à votre tour maintenant de découvrir la maison Orpheline. Par quelle porte entrerez-vous ?

HORAIRES

LES 22 & 25 JUILLET

samedi : 18h15
mardi : 22h45 D / 2=1

Pour Orpheline, Christelle Berthevas a apporté au réalisateur un matériau autobiographique. Transformant son histoire personnelle en fiction, le récit d'Orpheline questionne le parcours de vie d'une femme contemporaine et révèle les multiples facettes de la féminité.
Orpheline est le cinquième long métrage d'Arnaud Des Pallières. Passé par le théâtre et le documentaire, le cinéaste était en compétition au Festival de Cannes 2013 pour Michael Kohlaas, une fresque médiévale avec Mads Mikkelsen.

Quelle est l’origine du film ?
En 2010, j’ai demandé à Christelle Berthevas, coscénariste de Michael Kohlhaas, si elle acceptait de me confier son histoire personnelle qui me passionnait à double titre. D’abord c’était celle d’une femme. Mais d’une femme d’un milieu rural populaire qui n’est pas celui dont je suis issu. J’avais conscience de n’avoir jusqu’ici pas porté autant d’attention aux personnages féminins qu’aux personnages masculins. J’ai voulu rattraper ce retard en dressant un portrait de femme aussi riche et complexe que possible. Pour entrer dans la peau d’une femme, j’avais à coeur de partir d’une vie réelle, non d’un roman ou d’une nouvelle, en me plaçant sous l’autorité sensible de celle qui avait traversé ces événements. Je fais des films pour expérimenter d’autres vies que la mienne. Je savais à quel point ce début de vie de femme avait été cruel, sombre, excessif et je désirais raconter cette histoire qui me paraissait exemplaire; vivre moi-même, puis faire vivre au spectateur, la lutte singulière d’une femme pour sa liberté.

Quelle a été la première étape ?
Dès le début de l’écriture, il m’est apparu que l’héroïne ne pouvait être jouée par la même actrice selon qu’elle avait six, treize, vingt ou vingt-sept ans. Partant du constat que notre vie est faite de plusieurs vies, notre être de plusieurs êtres, j’ai proposé à Christelle et à mes producteurs qu’il y ait quatre actrices. Une par âge. De même, nous avons eu très tôt l’intuition d’un prénom différent pour chaque âge d’un personnage qui ne cesse de fuir toute assignation familiale, sociale, et s’invente à chaque âge une identité à hauteur de ses désirs. J’étais convaincu que le spectateur comprendrait vite le principe du film : quatre actrices jouent quatre âges de la vie d’une femme.

Orpheline est un film féministe ?
J’ai fait le film dans le désir de m’approcher de ce qu’est une femme. De voir à travers ses yeux ce monde d’hommes dans lequel les femmes doivent apprendre à vivre. J’aime et j’admire mon personnage. Tout ce qu’elle fait, je l’aime et je l’admire sans réserve. J’aimerais que certaines femmes se sentent moins seules après avoir vu le film. Qu’elles se sentent aimées et respectées pour ce qu’elles sont, non pour ce que les hommes voudraient qu’elles soient. Une femme est venue un jour me voir après la projection du film. Radieuse, elle m’a dit, presque d’un air de défi : «Ce film me rend heureuse et fière d’être une femme». Si c’est ce que vous voulez dire, alors oui… je serais à mon tour heureux et fier d’avoir fait un film féministe.

ARNAUD DES PALLIÈRES (dossier de presse)

 

2=1 « ADÈLE HAENEL »

MARDI 25 JUILLET DEUX FILMS POUR LE PRIX D’UN !

La Fille inconnu (20h45)

Adèle Haenel compose admirablement cette Jenny, accablée mais déterminée, digne héritière des Rosetta, Lorna et autres Sandra. Première

Orpheline (22h45)

Quatre prénoms, quatre âges, quatre interprètes pour le parcours d’une jeune femme, agencé en kalédioscope par un auteur inspiré : Arnaud des Pallières réussit un portrait aussi brillant qu’émouvant. Les Fiches du Cinéma

Lors des soirées 2=1, achetez un billet pour le premier film au tarif habituel et DSN vous offre la place pour le second !

PRESSE

"Orpheline" est un objet de cinéma puissant et intrigant. Entre le labyrinthe mental et le portrait de femme explosé, un film étrange, porté par un trio d'actrices exceptionnel. Première
Aucune des quatre actrices n'est moins captivante que les autres. Leur éclat et l'acuité du regard porté sur elles assurent une continuité. Et le scénario puise dans l'histoire personnelle de la coscénariste, Christelle Berthevas, fil conducteur intime et singulier. Télérama
"Orpheline" sort dans une sale époque, et y répond au plus près de ce qui fait une vie. Cette vie se dessine comme un rapport entre ses âges, et non selon le simple passage du temps. Le film a un côté cartographique : il nous laisse faire nous-mêmes le trajet entre ses points. Libération
Quatre prénoms, quatre âges, quatre interprètes pour le parcours d’une jeune femme, agencé en kalédioscope par un auteur inspiré : Arnaud des Pallières réussit un portrait aussi brillant qu’émouvant. Les Fiches du Cinéma
Des quatre comédiennes choisies pour incarner une jeune femme à quatre étapes cruciales de son existence, pointons le rôle si révélateur joué par Solène Rigot – attention fragile !–, porteuse de vérités intolérables sur l’enfance en lambeaux. Pourtant, pas l’ombre ici de sentimentalisme et misérabilisme, alors qu’il eût été si aisé d’en faire des tonnes. La Voix du Nord
A son approche théorique habituelle, qui pouvait rendre abscons un film comme "Michael Kohlhaas", des Pallières ajoute du drame et de la chair. Il mène son récit comme un polar à suspense (le spectateur a toujours un train de retard sur ce qui se joue), comme une série de variations autour de motifs semblables, et signe une fugue électrisante. Le Nouvel Observateur