Cycle « DAVID LYNCH »

David Lynch : the Art Life

FILM DOCUMENTAIRE AMÉRICAIN DE JON NGUYEN, RICK BARNES ET OLIVIA NEERGAARD-HOLM (2016 - 1H30)

Le portrait inédit de l’un des cinéastes les plus énigmatiques de sa génération. En associant les œuvres plastiques et musicales de David Lynch à ses expériences marquantes, le film lève le voile sur les zones inexplorées d’un artiste unique.

HORAIRES

LES 1ER ET 2 JUILLET

samedi : 20h30 2=1
dimanche : 16h30 D

CYCLE DAVID LYNCH

CINÉASTE AMÉRICAIN NÉ EN 1946

« Je ne vois pas pourquoi les gens attendent d’une œuvre d’art qu’elle veuille dire quelque chose alors qu’ils acceptent que leur vie à eux ne rime à rien. » David Lynch

2=1 « LYNCH : LES ORIGINES »

SAMEDI 1ER JUILLET DEUX FILMS POUR LE PRIX D’UN !

David Lynch : the Art Life (20h30)

Tous les amoureux du cinéma de David Lynch devraient voir ce documentaire où il se livre comme rarement. Cahiers du Cinéma

Eraserhead (22h15)

Eraserhead est le film qui synthétise toutes les aspirations artistiques du cinéaste, celui qui ressemble le mieux à son idée du rôle, du statut et de la nature d’une œuvre d’art. Les Inrockuptibles

Lors des soirées 2=1, achetez un billet pour le premier film au tarif habituel et DSN vous offre la place pour le second !

PRESSE

Tous les amoureux du cinéma de David Lynch devraient voir ce documentaire où il se livre comme rarement. Cahiers du Cinéma
Perdu dans les volutes de fumée de ses éternelles American Spirit, jouant avec sa fille de 4 ans, le grand homme, l’épaisse crinière blanche artistiquement décoiffée, l’œil fixé au-delà de ce que la conscience commune peut apprécier et mesurer, cherche idées, formes, rêves, accidents, failles, collures et illuminations (...). Libération
Eu égard au culte dont il fait l'objet depuis quarante ans, David Lynch aurait pu crouler sous les portraits filmés. L'homme est heureusement discret et rechigne à s'auto-analyser. Ce qui rend ce documentaire, centré exclusivement sur sa carrière de peintre, encore plus précieux. Télérama
Lynch se montre dans sa maison des collines de Hollywood, ses trois maisons plus précisément, filmé dans son atelier de peintre, au travail, en réflexion, échangeant avec sa petite fille. Le Nouvel Observateur
Un must pour tous les aficionados de Lynch et pour tous ceux qui sont attirés par le caractère fondamental de l’acte de création et de la poésie. aVoir-aLire.com

(entretien mené par Hannah Ewens pour Vice)

En 2006, Da vid Lynch rechignait à donner des interviews. Comment l’a vez-vous convaincu ?
Sur le documentaire « Lynch » en 2007, je me rappelle qu’on voulait lui poser beaucoup de questions. Et c’était évident à son attitude que ça le mettait mal à l’aise ou que ça ne l’intéressait pas de répondre. Au bout d’un moment, il a simplement dit : « Suivez-moi et, à la fin du tournage, vous saurez de quoi parle le film. » Et puis on a compris qu’il était toujours réticent. Quand on a eu fini, je me souviens que son ami Jason a dit : « Je pense que David arrive à un âge où il va sans doute vouloir partager certaines histoires. Revenons dans deux-trois ans et nous verrons bien ce qu’il en pense. » Quand il a eu sa fille, qui a maintenant trois ans et demi ou quatre ans, on l’a recontacté en lui disant que c’était une occasion de lui raconter ses histoires d’enfance et il a trouvé que c’était une super idée.

Pouvoir approcher Lynch dans son intimité est tellement rare. Vous êtes avec lui dans son sanctuaire, avec sa fille qui gambade autour...
David est quelqu’un de très secret qui a un petit cercle d’amis proches, et je pense vraiment que si Jason n’avait pas été là pour faire exister ce projet, s’il n’y avait pas eu cette amitié et cette confiance entre eux, rien de tout cela ne serait arrivé. Vous ne pouvez pas sortir de nulle part et faire en sorte que David s’ouvre à vous de cette façon. Ce n’est pas une personne facile à interviewer. La plupart du temps, c’est lui qui oriente la conversation. Ces entretiens ont eu lieu durant les week-ends, et il y en a eu environ vingt-cinq, étalés sur trois ans. Jason vivait sur la propriété de David, et David lui passait un coup de fil le week-end pour dire : « J’ai une heure de libre, est-ce que vous voulez passer ? » On s’installait, on branchait un micro, et c’était comme discuter avec un vieux copain.

J’ai été étonnée de voir à quel point sa vie d’artiste est solitaire.
Dans le film, on le voit parfois écrire, parce qu’il travaille sur Twin Peaks à ce moment-là. Mais, la plupart du temps, il est dans son studio en train de peindre. Je collectais les images jour après jour et je me suis dit : « Tout ce que tu montres, c’est David en train de peindre. » Jason m’a dit : « Jon, tout ce que David fait, c’est peindre, du matin au soir. » Bien sûr, lorsqu’il fait un film, il sort pour tourner. Mais en dehors de cela il ne fait rien d’autre. Il ne fait même pas son café lui-même, à part le week-end. Je disais : « Est-ce qu’on pourrait avoir des plans de lui en train d’arroser les plantes ? » Jason répondait : « Je vais demander. » Mais David ne se laissait filmer en train de faire des choses triviales que s’il les faisait vraiment. Il ne faisait jamais semblant pour la caméra. Il se trouve que c’est tout ce qu’il fait : du matin au soir, il est dans son studio et il travaille encore et encore, c’est comme ça depuis qu’il est enfant. Il ne fait rien d’autre, c’est un artiste pur et dur.

Lynch est tellement secret ... Quel format d’entretien avez-vous adopté ?
Chaque entretien était différent. Il parlait de ses grands-parents, de leurs histoires, de toute sa famille. Mais on a remarqué qu’il y avait un fil rouge tout au long de l’histoire : sa découverte de l’art. Il faisait de la peinture au doigt et, à la fin du lycée, il avait déjà peint dans six ou sept ateliers différents.

Ses parents étaient aussi d’un soutien incroyable. J’adore l’anecdote sur le fait que sa mère ne lui donne pas de livre de coloriage comme à ses frères et soeurs, parce qu ’elle perçoit sa passion pour l’art.
Elle a clairement perçu quelque chose d’unique chez lui, un potentiel. Je ne suis pas sa mère, je ne sais pas ce qu’elle a vu, peut-être qu’il gribouillait et que c’était quelque chose que les autres ne faisaient pas. Son père aussi a eu une très grande influence sur lui. David dit que son père lui a fait découvrir le monde caché sous l’écorce. Le moment qui m’a surpris, c’est cette scène dans le documentaire où il raconte qu’il emmène son père à la cave pour lui montrer ses expériences bizarres. [Il fait pourrir des fruits et des animaux pour observer leur évolution et son père est si horrifié par ce qu’il voit qu’il dit à David qu’il ne devrait pas avoir d’enfants.] Je ne sais pas si son père sait qu’il a été l’influence principale de David sur ce genre de choses.

Il y a de nombreuses anecdotes étranges sur son enfance que l’on peut facilement rattacher à son style et à son oeuvre. Parmi celles qui sont frappantes il y a celle où, enfant, il joue dehors tard le soir et une femme traverse la rue à côté de lui, complètement nue.
Quand j’ai entendu cette histoire, ça m’a rappelé la scène dans Blue Velvet. Et quand il voit Bob Dylan enconcert et dit « il était si petit sur scène », ça m’a rappelé le vieux couple dans Mulholland Drive – quand ils sortent du sac. Dans beaucoup de ses oeuvres la radio est présente et, dans le documentaire, il raconte son départ à l’université : après avoir dit au revoir à son père, il est resté cloîtré dans sa chambre pendant deux semaines, sans en sortir du tout. Il a juste écouté la radio jusqu’à ce que les piles soient mortes. Ça m’a beaucoup marqué.

Il sous-entend qu’après avoir fait cet te expérience de la solitude, cela ne l’a jamais quitté.
Oui. J’imagine qu’il souffrait d’une certaine agoraphobie, et ça s’est clairement renforcé avec le temps. Il venait d’une petite ville de l’Amérique profonde et s’est soudain retrouvé à Philadelphie. C’était deux semaines environ après les émeutes raciales qui y ont eu lieu, dans une ville déchirée par la guerre, complètement détruite, ravagée. Il a toujours dit que Philadelphie avait eu une influence décisive sur son oeuvre et sa vie.

A-t-il aimé le film ?
Oui. Nous avons fait le film à partir de tous les fragments qu’il nous a confiés. Il nous a donné accès à ses albums de famille et à tous ses tableaux, et puis nous avons visité son studio et sa maison et fait les entretiens. Nous ne sommes pas allés rencontrer de personnes extérieures, nous n’avons inclus que les éléments qu’il a accepté de nous donner. Il a même choisi le nom.

Groupement Nationale des Cinéma de Recherche
http://www.gncr.fr