L'Édito

L'ÉDITO DU DIRECTEUR

Insolitus : qui étonne par son caractère inaccoutumé /contraire à l’usage.

Il y a parfois, au cinéma, des plans longs. Anormalement longs.
Les questions qui peuvent se poser alors sont les suivantes : « Que suis-je censé voir ? Quelles nouvelles perspectives puis-je explorer ? Une deuxième visite du plan… peut-être ? D’autres éléments, déjà devinés, à approfondir ? »

Une saison de spectacle vivant… et de cinéma est longue. Heureusement longue. Deux questions se posent à vous, sur un mode assez semblable : « Que sommes-nous amenés à découvrir durant ces semaines de programmations mobilisatrices ? Et comment vivre une saison, sa saison ? » Eh bien, vous devriez la vivre sereinement, entre rythmes de fréquentation maîtrisés et brusque boulimie culturelle, entre savants dosages de stimulation intellectuelle et brefs moments de fatigue (rarement !), suivis de temps de joyeuse récupération, que croisent de soudains regains d’oxygène et d’enthousiasme. Chacun à sa mesure et en son équilibre… et toujours, ensemble, à DSN.

Nos saisons en comprennent quatre en une seule : c’est une course de fond vivaldienne, de l’automne à l’été, balayée de nuages et d’intempéries, d’éclaircies et de ravissements. Le tout en alternances disciplinaires… insolites. Et c’est bien cet insolite qui forge cette année notre lien au sensible.

Écritures de plateau, textes de répertoire ou textes contemporains, les artistes invités, en recherches et en clairvoyances, feront circuler la parole. Tous les langages investiront nos géographies proches et aussi plus éloignées. De Feydeau à Molière, de Marivaux à Sophocle ou d’Eugène Durif à Caryl Churchill, d’Anna Nozière à Jean-Paul Delore, auteurs et metteurs en scène, chorégraphes et musiciens, cinéastes et circassiens… marqueront vos rendez-vous reconnus et repérés – et d’autres nouveaux – tout au long des semaines que nous allons vivre à leurs côtés. Du cinéma aux actions culturelles, du travail du corps à l’équité du geste, de l’éclat de la langue au biscornu du discours… et de votre engagement de spectateurs à celui des artistes réunis, ce sera faire acte de vie que de prendre le risque des mots et le plein des gestes.

Nous croyons en cette saison insolite - étonnante par son caractère – et insolente, parce que nourrie par des artistes libres, qui comme vous – et Paul Éluard – pensent qu’il existe un autre monde – rectifi é – … et qu’il est déjà dans celui-ci.

Philippe Cogney, Directeur de Dieppe Scène Nationale

Post scriptum : Merci pour la très belle saison 2015/2016, qui a vu 52 438 spectateurs répondre présents à nos propositions cinéma et spectacle vivant !