L'IMMANQUABLE DU MOIS

14 > 30 JUIN

L’Amant double

FILM FRANÇAIS DE FRANÇOIS OZON (2017 – 1H50)

Il est assez difficile de catégoriser définitivement le cinéma de François Ozon. Le cinéaste, qui fêtera ses cinquante ans en fin d´année, prend en effet un malin plaisir à surprendre le public en passant du drame (Sous le sable) à la comédie (Potiche), en s´essayant avec succès à la comédie musicale (8 Femmes) ou en transposant à l´écran des oeuvres créées pour le théâtre (Gouttes d´eau sur pierres brûlantes, Dans la maison). Il déclare d´ailleurs : « Je m´identifie aux réalisateurs hollywoodiens des années 1940 et 1950, qui passaient en un éclair de la comédie au mélodrame ou au western. J´essaie coûte que coûte de ne pas m´ennuyer, de ne pas me répéter, en gardant à l´esprit que le succès est un accident, et l´échec dans l´ordre des choses. Chacun de mes films est une pièce qui s´ajoute à la maison que constitue ma filmographie. Tant que la maison n´est pas achevée, il m´est difficile de faire un état des lieux. » Il fallait donc s´attendre à être surpris après Frantz, son dernier film, un superbe mélodrame historique. Et à un journaliste qui lui faisait remarquer que son cinéma était de moins en moins provocant, François Ozon répondait : « Ne vous inquiétez pas, mon prochain film sera très violent et choquant. » Il évoquait L´Amant double, son dix-septième long métrage en lice pour la Palme d´Or du soixante-dixième Festival de Cannes. François Ozon y retrouve Marine Vacth, quatre ans après l´avoir révélée dans Jeune et jolie et dont il dit : « Marine Vacth, comme Catherine Deneuve, sont des espèces de pages blanches sur lesquelles on peut projeter ses fantasmes. » La comédienne interprète Chloé, une jeune femme dépressive qui va tomber amoureuse de son psychothérapeute incarné par l´acteur belge Jérémie Renier. Quelques mois plus tard, les deux amants s´installent ensemble mais la jeune femme découvre que son amant lui a caché une partie de son passé et lui a même menti sur son identité… Les premières images diffusées nous laissent présager un thriller érotique particulièrement haletant et Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes et l'un des seuls à avoir déjà vu le film, ajoute l´adjectif « hitchcockien ». De quoi nous mettre l´eau à la bouche puisqu´on sait depuis Swimming pool que François Ozon excelle dans le genre.